
Jamais sans ma cam – Part 3
Jamais sans ma cam
3ème Partie
Même si le plus souvent, il tient la caméra, c’elle qui dirige. On perçoit en elle la dominatrice qui s’ignore. Elle rit en voyant les tenues de cuirs et les cravaches sur les sites spécialisés, mais je la sens tout à fait capable de les essayer et de les apprécier. Devant moi, elle ne s’autorise jamais à perdre le contrôle. Elle veut à tout prix rester maîtresse du jeu. Mais, plus d’une fois, je l’ai vue jouir en me regardant prendre mon pied.
La caméra m’a fait passer un nouveau cap dans la soumission : Nous sommes inscrits sur un site de rencontres furtives avec des inconnus, les « quickies ». Il filme ces entrevues, durant lesquelles elle m’offre. La règle est simple : nous nous présentons comme un trio formé d’un couple et d’un jouet. Elle me présente « sous toutes les coutures coquines» : retrousse ma jupe, montre mes bas ou défait les boutons de mon décollette. Je dois rester souriante, limite aguicheuse. Si je plais à notre inconnu, elle m’accompagne dans la voiture ou la chambre d’hôtel. Le plus souvent, je me fais baiser sous ses yeux. Il n’est pas rare qu’elle m’indique dans quelle position elle souhaite que je me fasse prendre. Elle ne participe que si elle le souhaite. La caméra n’est jamais loin. Dubitative et un peu intimidée au début, j’étais surtout mal à l’aise parce que cela me rappelait mon arrivée à Paris. J’ai très vite réalisé combien il était excitant de se faire prendre devant mes amants. Nos vidéos sur YouTube ont un tel succès que nous envisageons de créer notre propre site.
Cette annonce nous a également permis de pousser au maximum le jeu de la femme-objet : un soir, un organisateur de soirées libertines nous a contactés car il cherchait une « attraction » pour divertir ses invités. J’ai vu leurs yeux briller : Dix minutes plus tard, nous étions partis.
Nous sommes arrivés avant le début des festivités, puisque je faisais partie de la mise en scène. Le maître de cérémonie a demandé s’il pouvait me baiser avant de commencer. Elle a souri et j’ai répondu j’en serai ravie si nous pouvions filmer. Une fois la caméra allumée, je lui ai offert un strip-tease, ce qui me permit d’admirer son membre de belle taille. Elle est alors intervenue très poliment : Pouvait-elle me « préparer » avant que je ne reçoive ce gourdin ? En retour, bien sûr, je le ferai durcir dans ma bouche. Notre hôte était comblé et moi aussi. Elle ne s’arrêta que lorsqu’elle me sentit frémissante, signe annonciateur d’un orgasme chez moi. Quand la queue imposante de notre nouvel ami m’a investie, je me suis contractée tout autour. J’ai eu l’impression de jouir tout le temps qu’il m’a baisée.
J’étais en sueur quand ils m’ont attachée à une croix horizontale. Telle que j’étais placée, on pouvait très facilement investir mon con ou mon cul. Mes mains étaient libres de caresser tout ce qui passerait à proximité. Il me suffisait de tourner la tête pour sucer. Les lanières me maintenaient fermement. Les participants ne tardèrent pas à arriver. Il filmait toujours et elle restait à mes côtés pour me « proposer » aux couples qui passaient : « Cette jeune femme est délicieuse et tout à vous si vous le désirez ! Regardez, comme elle réagit dès qu’on l’effleure… » Elle pinçait mes tétons ou agaçait mon bouton juste pour montrer à quel point il était facile de me faire mouiller. Ce soir-là, la situation m’excitait tellement que je coulais avant même que les invités ne me touchent. Mon second amant de la soirée prit un malin plaisir à faire durer les choses. Il adorait être le centre d’attention et se regardait me baiser à cheval sur la croix. Malheureusement pour lui, il était sensiblement moins bien doté que notre hôte : je dus simuler un orgasme bruyant pour qu’il accepte de céder sa place, tandis que mes amants retenaient leur fou rire. Afin d’accélérer les choses, elle choisit de proposer ses services aux dames tandis que leurs hommes me prendraient selon leurs envies. Il ne savait plus laquelle des deux filmer ! La soirée fut intense et le film très plaisant à regarder.
© Miss Kat

Jamais sans ma cam – Part. 2
Jamais sans ma cam
2ème Partie
Devant la caméra, nous avons revisité pas mal de clichés : plan à 3, bien sûr, mais aussi, cuir, latex (pour elle), fessée et coup de cravache (pour moi). Du déguisement de soubrette à celui d’infirmière, toujours sans culotte, nous avons testé les scénarii les plus tordus d’Esparbec, maître de la littérature pornographique.
Pour notre première vidéo en ligne, ils m’ont mise au défi d’utiliser une courge comme gode. Le légume que nous avions acheté le matin même au marché, avait la forme d’un sexe en érection, mais une taille démesurée. « C’est bien plus amusant qu’un concombre. », m’a-t-il assuré le plus sérieusement du monde. Plus impressionnant surtout ! Elle regardait. Je crois que c’est elle qui a eu l’idée. Elle s’est occupée de moi : sa langue et ses doigts ont fouillé mon sexe un long moment pour le rendre le plus gourmand possible. Elle m’écartait les cuisses à deux mains lorsqu’il a approché l’énorme cucurbitacée de mes lèvres intimes. Rien n’a été coupé au montage : ni mes gémissements craintifs du début, ni mes cris de jouissance lorsqu’ils jouèrent à bouger ce membre 100 % bio que j’avais englouti centimètre par centimètre. Le film a fait un buzz. Le premier d’une longue série.
Par la suite, nous avons acheté plusieurs sextoys, tous testés devant l’objectif. Nous les choisissons pour leur aspect à la fois inattendu et inoffensif. Le gode « Lapin » nous a déçus, car les oreilles, sensées stimuler le clitoris, n’étaient pas assez efficaces. L’œuf vibrant nous a surpris, puis ravis, surtout quand il l’a essayé sur lui. Il est rare qu’il se prête au jeu, mais quand c’est le cas, voir le plaisir se dessiner sur son visage me rend dingue. J’adore le canard vibrant, mais elle ne le trouve pas assez puissant. En revanche, elle aime beaucoup le gode avec télécommande, surtout depuis qu’elle l’a utilisé sur moi à la fac : ce jour-là, mon tanga était tellement humide que je n’ai pas pu me retenir de me caresser. L’amphi était bondé ! Elle m’a filmée avec son smartphone. Après la mise en ligne de cette vidéo, certains étudiants m’ont regardée différemment…
Mon jouet préféré est un stimulateur clitoridien avec plusieurs modes de stimulation. Ce toys, discret comme un briquet cache bien son jeu : Positionné à même le clito, il provoque un orgasme instantané. Utilisé de manière plus subtile, cela tourne à la douce torture… Lorsque nous l’avons acheté, je savais que j’y passerai, mais je pensais qu’ils attendraient que nous soyons à la maison. J’oubliais qu’ils adoraient jouer en plein air. Nous flânions dans le quartier du Marais, lorsqu’elle lui a indiqué une petite ruelle. J’ai feint la surprise lorsqu’elle m’a demandé de relever ma jupe en pleine rue. Il a déclenché la caméra de son portable tandis qu’elle effleurait mon string du bout des ongles. Les yeux fermés, je tâchais de faire abstraction du monde extérieur. Elle a baissé mon string. Je sentais la pierre qui frottait contre mon cul. L’élastique entravait mes chevilles et je me demandais comment j’allais m’en dépêtrer si quelqu’un arrivait. J’ai entendu la vibration avant de la sentir. La sensation m’a d’abord dérangée. Le mouvement malmenait mon clito, habitué à plus d’égards. Elle le voyait bien, mais ne relâchait pas la pression sur mon bouton. Ce n’était plus une simple gène, mais une brûlure de plus en plus vive. Les larmes me montaient aux yeux. J’allais la supplier d’arrêter quand je fus secouée par un orgasme violent. Il filmait tout : mon ventre qui palpitait, mon sexe qui coulait et mes genoux qui tremblaient. Je me mordais les lèvres pour ne pas attirer l’attention, mais c’était inutile : notre petit show avait trouvé son public. Nous avons quitté la ruelle entourés de sourires complices.
© Miss Kat

Jamais sans ma cam
Jamais sans ma cam
1ère partie
J’ai passé mon adolescence à mater en douce les revues pornos que mon père cachait sous son lit ou à surfer sur des sites interdits aux mineurs. Hélas, je viens d’une petite ville où on est vite étiquetée « salope » si on collectionne les petits copains. Je ne laissais donc rien paraître de mes envies, qui pourtant grandissaient avec moi.
Quand il y a deux ans, j’ai enfin déménagé à Paris pour mes études, j’étais folle de joie : enfin la liberté, les rencontres, la vraie vie ! J’ai vite déchanté: je croisais beaucoup de monde à la fac, mais n’arrivais pas à aborder les gens. J’avais peur qu’on me trouve trop “provinciale” ou pire, trop bizarre: obsédée, décalée, bref, différente. Après plusieurs soirées passées à me caresser toute seule devant mon ordinateur, j’ai posté une petite annonce sur un site libertin. J’avais besoin de « contacts » et je m’étais convaincue que j’y trouverais des gens intéressants.
Le retour à la réalité a été dur : j’ai croisé des beaufs célibataires, des mecs charmants mais mariés, des beaufs mariés… J’ai également compris que mon « appétit » leur faisait peur : après tant de mois de frustration, je comptais bien me lâcher : cela me faisait oublier toute prudence et toute retenue. Je m’abandonnais bien trop facilement à quiconque voulait me donner du plaisir. Je ne le savais pas encore, mais je cherchais à être prise en main… Aucun de ces hommes n’avait la carrure pour cela.
Un soir, un de mes nouveaux « amis » m’a proposé de m’emmener en club échangiste. J’ai ouvert de grands yeux. Un peu intimidée en passant la porte, j’ai très vite été repérée. Un vrai pot de miel: hommes seuls, couples tous voulaient me toucher, m’embrasser, me fouiller. J’étais enfin comblée.
Cependant, mes contacts restaient très éphémères et sans réel intérêt. J’avais apprécié ce moment en club, mais je ne me voyais pas y retourner mal accompagnée. J’étais de plus en plus seule. Bref, je commençais à désespérer quand ils ont répondu à l’annonce.
Ils m’ont proposé de nous rencontrer à la fac, où ils étudiaient aussi. Un couple d’étudiants libertins, je n’en espérais pas tant ! Nous avons très vite sympathisé. Ensemble depuis 5 ans, Il est photographe, elle est graphiste. Stables, gentils, prévenants, ils étaient tous les deux dotés d’un solide sens de l’humour et, j’allais le découvrir, d’un sérieux goût du risque. Mon côté « novice » leur a tout de suite plu. J’avais enfin des amis de mon âge, mais surtout, nous formions un trio torride.
Pour me faire « découvrir », l’université, nous avons « testé » l’acoustique de tous les amphis, le confort des salles de cours… Nous avons joui partout où cela était possible. Au bout de quelques semaines, je connaissais tous les recoins de l’établissement. Nous étions relativement discrets, mais j’ai vite remarqué qu’ils adoraient m’exhiber et filmer nos jeux : Ils avaient un rapport particulier à l’image, jusque dans leur lit. La caméra faisait partie de leur univers érotique. Je suis devenue leur modèle et surtout leur jouet.
Nous sommes devenus tellement inséparables que j’ai fini par emménager chez eux. Cette nouvelle proximité m’a permis de comprendre que j’avais trouvé ce que je cherchais : je leur suis totalement soumise et en contrepartie, ils me donnent un plaisir dingue. Sur YouTube , je suis l’objet d’exhibitions plus perverses les unes que les autres, pour mon plus grand bonheur.
© Miss Kat

Trouble abandon
“Aller jusqu’au bout ce n est pas seulement résister, mais aussi se laisser aller”
Albert Camus
Comme cette femme ?
Comment s’est elle retrouvée dans ce fauteuil, aux mains d’hommes avides ? La connaissent-ils ? Ce n’est pas un siège de club, on l’imagine plutôt dans un salon. Le sien ? Son mari a t il invité des “amis” à dîner ? Sert-elle de dessert ou d’amuse-bouche ? Elle semble court vêtue.
Savait-elle se qui l’attendait ? Sans doute. J’imagine une épouse tentée de faire progresser sa moitié dans son entreprise. Elle est désirable. Elle aime en jouer, mais n’a plus l’occasion de le faire avec lui depuis trop longtemps. Il est stressé : le Comité de Direction, le Codir ne le reconnait pas à sa juste valeur. Ça lui coupe tous ses moyens.
“Invite les à dîner et laisse-moi faire”. Il obéit. Tout est pensé pour le bien être des invités: mets fins, alcools de qualité, ambiance feutrée… Puis la maîtresse de maison annonce le digestif. Elle disparaît un moment. Quand elle revient, elle ne porte plus que des bas sous un voile de tulle: si la tenue les choque, ces hommes de pouvoir sont trop bien élevés pour en faire la remarque. Mal à l’aise, le mari dessert sa cravate… A quoi joue-t-elle ? Sans la moindre gène, elle offre des cigares et du cognac en souriant. Puis elle demande à ce qu’on déplace le lourd fauteuil qui se trouve dans le coin de la pièce: elle souffre du dos et souhaite s’y installer pour finir la soirée, s’ils n’y voient pas d’inconvénient. Plusieurs convives ont du mal à lâcher des yeux les seins lourds et les fesses fermes de leur hôte. Tous proposent leur aide, trop vite, sans égard leur collègue, plus transparent qu’une vitre. Elle le remet sur le devant de la scène en lui demandant son concours. Il s’exécute, muet de désir. Pas plus que ses pairs, il ne connait cette femme. Mais comme eux, il bande pour elle.
Elle s’installe, les fesses nues à même le cuir. Telle une chatte, elle imprime la marque de son corps en frottant son dos contre la matière douce. Sûre de son effet, elle sourit, ferme les yeux et écarte les cuisses.
Combien de temps a t il fallu pour qu’elle se retrouve dans cette position ? Pour que six mains fassent tomber le dernier bouclier de tissu et s’emparent enfin de son corps ? Peu, à n’en pas douter. Très peu.
© Miss Kat

L’interview révélatrice
Après avoir lu un excellent article de l’ex actrice de X Celine Tran, sur la relation entre sexe et douleur, j’ai eu envie d’écrire un texte sur ce sujet, tellement incompréhensible pour ceux qui ne l’ont jamais vécu.
C’est d’ailleurs parce que j’en avais marre qu’on me pose tout le temps la question : “Mais comment as-tu pu supporter ça ?” que j’ai écrit la nouvelle qui suit.
C’est un autre texte (la manifestation) qui a été retenu pour le recueil “Osez 20 histoires de SM” mais j’aime beaucoup cette nouvelle. J’ai donc enfin trouvé l’occasion de la partager avec vous. Dites-moi ce que vous en pensez, surtout !
L’interview révélatrice
« Parlez-nous de vos expériences coquines et de vos goûts. Répondez à nos questions, sans tabou. »
Même si cela m’a paru amusant de répondre à cette invitation publiée sur un forum, je sens tout de suite que le courant ne passera pas entre moi et la « journaliste » qui s’assoit en face de moi dans ce café parisien où nous nous sommes donné rendez-vous. Elle me dit s’appeler Mélissa, mais je peux l’appeler Mel, et semble très préoccupée par une mèche de cheveux artistiquement placée pour qu’elle lui retombe dans les yeux. Elle fait la bise au serveur, qui me détaille des pieds à la tête avant de prendre ma commande. Je n’aime pas ces endroits trop tendances où la musique est trop forte et la lumière artificielle.
Dans mon mail de réponse, je lui avais dit aimer les jeux de soumission domination. Je ne dois pas avoir le look de la maîtresse SM, car dès que ses yeux remplis de pitié et de commisération se sont posés sur moi, j’ai compris que l’entretien allait tourner autour d’une seule interrogation : « Mais comment a-t-elle pu accepter ça? »
Elle sort un crayon et un bloc puis me propose de répondre à quatre questions, qu’elle a préparées à l’avance. Elle m’avoue ne pas procéder comme ça d’habitude, mais elle remplace sa collègue de la rubrique « sexo ». Son truc à elle, c’est la mode.
D’accord… Une fashonista interviewe une soumise. Ça risque d’être drôle.
Comment peut-on appartenir à un homme ?
Comment pourrais-je vous expliquer pour quelles raisons je lui ai appartenu ? Ça ne s’explique pas. Ni sur un divan, ni dans un café. Vous pouvez me dire que j’étais jeune, qu’il a profité de moi, qu’il en a abusé même. Je n’ai pas besoin d’excuse. J’ai ravalé puis vomi la honte qu’on a voulu que je ressente. Est-il socialement plus correct pour une jeune femme de se dire « aveuglément amoureuse » pour justifier du fait que son amant la corrige et qu’elle aime ça ?
J’aimais sentir son regard peser sur le mien. L’agacement, puis la colère qui dessinent un orage sur son visage, la lueur qui s’allume dans ses yeux… Tous ces signes aussi incontournables pour nous qu’indéchiffrables pour les autres.
J’aimais aussi me rendre insupportable, le titiller à la limite du raisonnable, minauder, faire la fière, le snober. Il restait stoïque jusqu’à ce que je comprenne que cette fois, j’étais allée trop loin. Un sourire froid me coupait dans mes gamineries. Nous plongions alors dans un silence qu’il entretenait, en savourant la tension qui montait, dans la voiture tandis que des paysages de plus en plus denses s’étalaient devant nous. Il arrêtait le moteur, le plus souvent sans savoir où il nous emmenait. Tout ce temps, j’ai eu en lui une confiance totale. Jamais je n’ai envisagé qu’une mésaventure autre que celle de me retrouver les fesses nues et bouillantes sous ses mains, pouvait arriver. Je crois n’avoir même jamais songé qu’on pouvait nous surprendre. Même à portée de voix des passants près du lac du Bois de Vincennes, si je n’ai pas voulu crier, c’était pour lui montrer qu’il ne m’impressionnait pas.
Premier tête à tête, il y a des siècles, en forêt déjà. Je parle, je papote, je babille… Impressionnée par cet homme, non par son âge, mais par le fait qu’il est là, alors que j’en suis sûre, il a surement autre chose à faire. Mais non : il reste là, il m’écoute, mieux encore, il me fait parler…. Je pourrais vous dire, qu’il avait les yeux verts, tout comme en cherchant bien, encore aujourd’hui, je pourrais lui trouver un petit quelque chose de Brad Pitt… Mais j’ai surtout entendu sa voix après la mienne.
La morale est sauve : j’ai connu la chaleur de ses bras avant de goûter à ses mains. Mais il ne m’a embrassé qu’à la fin d’un trio mémorable, le premier, dont je garde des images d’une sensualité que le temps a sans doute idéalisée.
Des corrections reçues au coin d’un bois, des trios… L’image de la jeune fille abusée vacille. Tant mieux, elle me correspond si peu. La journaliste évite mon regard, visiblement mal à l’aise. Elle tourne consciencieusement sa cuillère dans son café. Je poursuis :
Quand j’ai envie de lui, je me vois culotte aux chevilles sur ses genoux. Je n’imagine pas « faire l’amour » avec lui autrement qu’en lui offrant mon cul couvert de marques. Ce n’est pas son mode de fonctionnement, mais le nôtre. Avec lui, je baisse les yeux, mais pas la tête. Le sourire en coin demeure, et quand je croise son regard, même nue à quatre pattes, même offerte, j’y lis une connivence au-delà du désir.
S’il vous prenait l’envie de me juger, vous qui me prenez pour un monstre de perversion et qui me regarder en oubliant que vous baisez dans la même position chaque samedi soir depuis 15 ans, demandez-vous avant : Comment réagit-il quand vous lui dites : « non » ?
En toute sérénité, je vous réponds qu’il me sourit.
Comment avez-vous supporté de n’être que sa maitresse, si vous l’aimiez ?
J’ai « supporté » de ne pas être la seule femme de sa vie, dites-vous. Pensez-vous qu’il était le seul homme de la mienne ? Je tire aujourd’hui encore une grande fierté de savoir que même en le partageant, je suis unique à ses yeux. Voyez-y toute la vanité du monde, ou un stratagème pour me rassurer, si ça vous amuse. Les chemins que nous avons pris ensemble, il ne les a sillonnés qu’avec moi. Je ne suis qu’une aventure dans sa vie, je le revendique. En aucun cas, je ne veux partager son quotidien plus de deux jours. Je ne veux pas des mesquineries de la vie ordinaire avec lui. Une fessée devant une feuille d’impôts tient du blasphème. Je cultive mon statut de maîtresse, il me protège de celui d’épouse.
Le mot « avilissant » passe sur les lèvres de Melissa tandis qu’elle griffonne quelques notes. Une faible parade à une gêne quasi tangible. Elle m’énerve ! Impression de parler à un stéréotype qui voudrait me faire rentrer dans des cases. Je continue, largement ironique :
Avilie, salie, dégradée, quand ce n’est pas en plus, à mon insu, mais que ne m’a-t-il pas fait ! Pire encore, j’en redemande ! Ce que vous nommez « saleté » se nettoie à l’eau et au savon. Dégradée ? Aux yeux de qui ? Si c’est aux vôtres, alors il n’est pas encore allé assez loin, puisque vous me regardez encore. A mes yeux, il ne m’a dégradée que lorsqu’il m’a oubliée. En sa compagnie, j’étais fière, et je le sus plus encore aujourd’hui, mesurant le chemin parcouru.
Avilir… « Rendre méprisable, déshonorer ». Quelques claques sur les fesses ne m’ont jamais rendue méprisable, encore moins déshonorée. Par contre, elles m’ont rendue plus forte, ne serait-ce que parce que, pendant que je vous parle, je peux vous imaginer à ma place, et en rire.
Peut-être ressentez-vous le besoin certains soirs, d’un verre d’alcool fort ou d’une taffe, ou peut-être prenez-vous le comprimé miracle qui vous fera dormir d’un sommeil sans rêve. J’ai choisi la sexualité, le cul, l’orgasme pour décompresser. Il m’est arrivé, il m’arrivera encore, de passer la porte d’un club échangiste comme une droguée en manque. J’en ressors la tête à l’envers, courbaturée et un peu saoule, de toutes ses mains qui m’ont palpée, griffée, bref dépouillée, permis de déconnecter, deux heures au moins du monde réel.
Je n’ai pas oublié la première fois où on m’a ouvert la porte. L’œil dubitatif du patron, devant ma tenue : jeans, sous pull, baskets… « Vous savez où vous rentrez ? Oui. En plein après-midi, il n’y avait que des hommes au bar, plus poches de la cinquantaine que de la vingtaine, pas très beaux, même sous un éclairage indirect. Ça ne m’a pas fait fuir. Un homme m’a adressé la parole. Je lui ai juste dit que c’était la première fois que je venais, puis nous sommes descendus sur la piste de danse, entourée de lits et de banquettes. Je me faisais l’effet d’être un pot de miel. Le peu d’habitués présents se collaient à moi et m’entrainaient comme une cohue dans le métro, vers un matelas disponible.
J’ai le souvenir d’avoir été assise, le sexe offert. Un homme dont je n’ai même pas vu le visage, a enfoui sa tête entre mes cuisses et m’a amenée à la jouissance avec sa langue. Pendant ce temps, des mains faisaient durcir mes seins, des bouches les mordaient. Au moment de jouir, je me souviens très bien du gérant venu me murmurer « tu ne fais que ce dont tu as envie, ici. » C’est cette phrase qui m’a permis de lâcher prise et de m’abandonner au plaisir.
J’y suis retournée par la suite, seule ou accompagnée. Récemment, avec un ami qui partage mes envies plurielles : Il voulait me voir prise par un autre homme, je voulais sentir d’autres sexes que le sien. Mon seul regret, est qu’il ait joué le jeu d’une histoire sans parole : l’homme est entré, a attendu un signe d’approbation, puis m’a ouverte et s’est fondu en moi. J’aurai voulu qu’il m’offre. Il m’a manqué cette pointe d’humiliation qui précède l’abandon. Entendre : « mais je vous en prie, elle ne vous dira pas non. » aurait par exemple agréablement pimenté mon délire. De même que sentir des mains connues présenter mes recoins les plus intimes à une queue inconnue, n’aurait sans doute que renforcé mon orgasme.
Vous aimez rester passive et obéir ?
Et vous ? Aimez-vous rester sur le dos, cuisses écartées et regarder le plafond ?
Elle est choquée : elle cligne des yeux, le rouge lui monte aux joues, tandis que je surmonte mon agacement en demandant un verre d’eau. Avec le ton sentencieux d’une maîtresse d’école, j’explique :
Dans certains jeux, j’aime qu’on ne me demande pas mon avis. J’adore la sensation d’abandon que procure le fait de se laisser guider. Un vrai don de soi. Il n’est pas question d’obéissance aveugle mais plutôt de théâtre. Je rentre dans un personnage. Je fais ce qu’on me dit, non pour faire plaisir à l’autre mais pour qu’il m’amène où il veut nous amener.
J’ai toute ma tête et tout mon libre arbitre, quand j’attends, nue, attachée les mains dans le dos, qu’il me prenne. Le plaisir qui irradie mon ventre n’est pas feint et c’est bien moi qui lui donne le rythme de mon plaisir quand je m’agite sur son membre.
Ses yeux brillent. Se pourrait-il qu’elle entende enfin ce que je lui dis ?
Vous considérez-vous comme une femme soumise ?
Cette question-là, il fallait que vous la posiez. Je suis curieuse de voir avec quels autres monstres de foire je vais me retrouver dans votre article.
Je ne me considère ni comme une soumise, ni comme une perverse, mais plutôt comme une jouisseuse. Mon terme préféré, s’il n’était si galvaudé, est celui de salope, mais je sens que vous ne voudrez pas comprendre…
Je n’aime pas spécialement avoir mal. Je ne demande pas à mon amant de me frapper pour le plaisir de me laisser envoyer à l’hôpital. Pour ça, un bourrin de base porté sur la bouteille suffirait, en plus je n’aurais même pas à demander. Oui, je suis souvent rentrée à la maison avec des bleus sur les fesses. Le souvenir de la douleur existe mais il fait partie de l’histoire.
J’aime être spectatrice d’un plaisir trouble que je n’aurai pas connu si j’avais refusé ses règles. Etre attachée, exhibée, marquée, parfois offerte, traitée comme un jouet, passer de main en main, de queue en queue ou de bouche en bouche, j’aime tout cela mais dans la vie courante, ce n’est pas moi. Abandonner la maîtrise du jeu, la donner à l’autre, me permet de me concentrer sur moi, de repousser mes limites, mes possibles. J’ai connu des plaisirs inattendus, des orgasmes inavouables pour avoir osé m’aventurer au-delà de ce que vous jugez acceptable.
Je l’avoue, j’aime être l’objet de belles images. Une scène érotique ou pornographique n’a de sens que si elle me donne envie de la regarder et donc, qu’elle me fascine. J’aime être au cœur de scènes hors normes, dans des lieux atypiques, pourquoi pas avec des inconnus. Je me sens belle quand je jouis et si le rouge sur mes fesses attire l’œil d’un spectateur, si cela l’intrigue ou le fait bander, je n’en prends que plus mon pied.
J’arrête de parler. Quelques secondes passent, pendant lesquelles elle semble absente, puis elle sort de sa torpeur en bafouillant. Elle me remercie, rassemble ses papiers, les fait tomber en se levant, visiblement troublée. Apparemment, j’ai touché un point sensible.
« Ça va ?
– Oui, bien sûr. J’ai chaud, c’est tout. Je vous laisse une seconde, je vais me remaquiller.
J’avale une gorgée de café froid en la suivant des yeux. Je n’avais pas remarqué sa tenue: pull moulant, jupe ultra mini, grandes bottes à talons. Elle est jolie, mais elle le sait… Poussée par la curiosité, je la suis jusqu’aux toilettes. Une femme me tient la porte et sort quand je rentre. Il n’y a personne. Une seule porte est fermée. Je n’attends que quelques secondes avant de voir sortir Mélissa, mais une Mélissa bien différente de celle que je viens de quitter : Elle n’est plus rouge, mais écarlate, haletante et complétement débraillée. Son pull est aux trois quart relevé et lui arrive juste sous la poitrine. Sa jupe est remontée et laisse voir des dim up et un soupçon de lingerie noire. Elle serait juste négligée, si elle ne tenait pas un vibromasseur rose dans la main. Elle se fige en me voyant et referme prestement sa main sur l’objet en forme d’œuf. J’imagine qu’elle ne m’a pas entendu rentrer et a dû attendre de se croire seule pour sortir se refaire une beauté après un petit plaisir solitaire.
Melissa semble perdue. Je souris et pose un doigt sur mes lèvres. Il semble que notre entretien l’ait émue plus qu’elle ne veut l’admettre. Je la pousse contre le mur. Nous avons peu de temps, n’importe qui peut rentrer à n’importe quel moment. Elle pousse un gémissement, mais écarte les cuisses avant même que je ne lui en donne l’ordre. J’agrippe sa lingerie fine à pleine paume et plante mes ongles dans la chair tiède de son pubis Elle gémit plus fort. J’arrache sa culotte et la laisse tomber sur ses chevilles.
«Retourne-toi. »
Elle a de très jolies fesses. J’observe avec joie qu’elle a l’air de se moquer complétement de l’endroit où elle se trouve. Elle remonte sa jupe et se cambre, jambes bien droites. Je suis sûre qu’elle sait combien elle est désirable. Je ne suis pas la seule à être sensible aux belles images.
Une première griffure lui lacère le cul. Elle se mord les lèvres pour ne pas crier. Je veux la marquer, lui faire ressentir ce que je lui ai raconté.
« Envie de jouer les soumises, chérie ? »
Elle hoche la tête. Je passe la main entre ses cuisses et la découvre trempée. Une claque, puis deux, puis dix lui rougissent les fesses. Je baisse sa jupe sur la chair chaude et lui murmure que si elle est d’accord, je la ferai jouir comme jamais, mais que pour cela il faut qu’elle m’obéisse. Elle ne sait murmurer qu’une réponse :
« Oui, oui, oui… »
Nous avons passé une nuit torride dont ni l’une ni l’autre ne sommes ressorties indemnes. Mélissa et moi nous voyons régulièrement. Elle m’a avoué récemment avoir compris plus de choses après l’interview que pendant. Elle m’a également confessé ne pas avoir été très attentive au début, tellement elle avait de préjugés sur les jeux de soumissions domination, sans les avoir jamais pratiqués elle-même. Cet aveu lui a valu une correction qu’elle n’est pas prête d’oublier.

L’angelot
E-ros est un ange de l’amour. De la famille des cupidons, il a sur lui l’arc et les flèches règlementaires indissociables de sa fonction. Avec son physique d’angelot, joues rondes et roses et cuisses potelées, vous lui donneriez bien une tape sur les fesses, rien que pour le plaisir. Mais méfiez-vous des apparences !
En effet, E-ros est un ange libertin. Il n’a rien contre l’amour romantique mais préfère provoquer des émois érotiques. Il a même inspiré la directrice d’une collection d’ouvrages pour adultes, afin qu’elle utilise son nom et fasse de sa silhouette un logo. Il arrive que ses confrères critiquent ses méthodes mais il fait son travail: En attisant les désirs il créée des relations… Particulières, parfois éphémères et alors ? Il s’amuse, surtout depuis qu’il fait tailler ses flèches dans du bois bandé. Une petite fantaisie à l’effet aussi immédiat qu’étonnant.
Ce jour-là, E-ros suit une étudiante qui en pince pour son prof. Jolie brunette un peu ronde, elle vient en cours en jupe et porte même de la lingerie fine pour lui… Mais est bien trop complexée pour la lui montrer. Elle ne sait donc pas que le jeune homme n’est pas insensible à ses courbes généreuses. E-ros attend la fin du cours pour décocher sa double flèche.
Il fait chaud dans la salle. Linda défait sans y penser un, puis deux boutons de son chemisier, inconsciente de l’ampleur du décolleté qu’elle arbore. Lorsqu’il l’aperçoit, Julien, qui termine son cours de sémiologie de la psychologie, a bien du mal à détacher son regard de cette vallée voluptueuse soulignée de dentelle. Heureusement, il est l’heure et les étudiants quittent rapidement la salle. Linda patiente et ferme la porte.
Il fait de plus en plus chaud. Un troisième bouton cède, suivi du quatrième et dernier. Julien s’approche et dénude les seins de Linda. Il exulte. Elle ignore, bien sûr, que dès le soir de leur premier cours, il s’était caressé en y pensant. Il a rêvé de ce moment et bandé sur toutes les variations possibles : « les boutons s’ouvrent par inadvertance » ; « il glisse une main dans son corsage» ou encore « il lui arrache son soutien-gorge avec les dents ».
Julien cueille le téton du bout des lèvres, le gobe et l’aspire avec voracité. Très excité, il pousse Linda sur la table où elle prenait des notes quelques minutes auparavant. La timide étudiante est chauffée à blanc : elle détache la ceinture, baisse le pantalon et s’empare du membre de son professeur qui bande pour elle. A ce seul contact, Linda dégouline d’envie. Elle veut le sentir en elle et ne s’embarrasse pas de mots: remontant sa jupe d’une main, elle écarte le tissu string en dentelle, de l’autre et s’empale dessus.
A la fois surpris par tant d’audace et ravi d’une telle initiative, Julien se laisse chevaucher toujours occupé par la poitrine de la belle. La jouissance les surprend au même moment, les laissant fourbus, heureux et abasourdis par cette étreinte aussi furtive qu’impromptue.
Très satisfait par l’effet de ses flèches, E-rose abandonne les jeunes amants et repart en quête de proies consentantes.

La charlotte aux fraises
Si je ne peux concevoir le sexe sans gourmandise, c’est bien parce que pour moi les deux sont liés. Je réfléchis à une nouvelle sur l’échangisme et je pense charlotte aux fraises. Exhibitionnisme, voyeurisme : petits fours au café. Orgasme ? Macarons !
C’est ainsi, j’aime manger et j’aime baiser. Dans les deux cas, je préfère le faire très bien, plutôt que pas du tout, même si les deux me sont indispensables.
La charlotte aux fraises, mon premier délire entre couples. Sans vous parler d’un temps que les moins de vingt ans, bla, bla, bla, mon ami de l’époque avait répondu à une annonce dans un magazine de rencontres. A l’époque d’internet, on se représente mal ce type de vieilleries: vous publiez une annonce dans un canard proche des gratuits distribués par les agences immobilières, dans laquelle une photo de vous, ou d’une partie de votre anatomie, n’était visible qu’à la loupe. Loupe également utile pour décrypter le texte de votre annonce et votre adresse postale pour y répondre. Car en ce temps-là, on n’avait pas peur de donner son adresse perso pour recevoir des photos de cul de la part de parfaits inconnus qui rêvaient de vous embarquer dans leurs phantasmes. Sans dire que c’était le bon temps, je garde de cette unique expérience un excellent souvenir.
Nous avons rencontré Elise et Olivier, un couple d’étudiants, la vingtaine, beaux et très joueurs. J’avais à peine dix-neuf ans à l’époque : autant dire que j’ai rencontré des camarades de jeux. Mon ami, la trentaine bien passée, s’est senti décalé. Le premier soir fut sympathique, mais personne n’est allé plus loin. Une semaine plus tard, je toquais à leur porte, seule.
Elise m’a accueillie à bras ouverts. Olivier n’était pas là, ce qui ne nous a pas empêcher de passer une excellente soirée. Fous rires, papotages, trucs de filles, bien sûr… Baisers langoureux, caresses tendres, puis de plus en plus hard, aussi. Je n’avais couché qu’une seule fois avec une autre femme, mais j’ai pallié mon manque d’expérience par ma motivation : Elise souriait de me voir poser mes mains partout, l’embrasser avec une fougue mal contenue et finalement me glisser entre ses cuisses avec une certaine timidité.
Elle m’a guidée les premières secondes. J’avais peur de mal m’y prendre, de ne pas savoir lui donner de plaisir. Quand petit à petit, son souffle s’est accélérer et que je l’ai entendue gémir, puis me demander de ne surtout pas arrêter, j’étais fière de moi. La sentir trembler de plaisir, la faire crier, la voir trempée, toutes ses sensations restent gravées dans ma mémoire comme l’une de mes plus beaux moments au féminin.
Olivier ne nous a rejointes que le lendemain après-midi. Il nous trouva dans la cuisine, une bouteille de rhum à la main, pour « parfumer la charlotte ». Après avoir gouté la préparation, il nous fit remarquer que les fraises marinaient déjà dans un mélange sucre-alcool qui désinhiberait une bonne sœur à lui tout seul. Avant de nous embrasser langoureusement sous ses yeux, nous lui avons rétorqué le plus naïvement du monde que nous suivions juste la recette.
En début de soirée, nous étions tous les trois bien allumés. Nous bavardions devant les restes de la charlotte, dont nous n’avions fait qu’une bouchée. L’alcool aidant, Elise et moi avons entamé une discussion dans laquelle il était vaguement question de ligne de démarcation… et de bas à couture. « Par souci de vérité historique » Olivier décida donc de passer derrière la ligne de démarcation en plaquant Elise en levrette contre le canapé. La bosse sur son pantalon montrait qu’il bandait déjà fort. Nos chemisiers ouverts sur de la lingerie, blanche pour moi, rouge pour elle, n’y étaient pas pour rien. Ils faisaient chaud ! Olivier a relevé la jupette d’Elise, laissant apparaitre le string coordonné au soutien-gorge. Elise posa ses mains sur ses fesses, dans une invite sans équivoque. Je contemplais ce charmant spectacle avec envie. Mais Olivier, au lieu de se déshabiller et de la prendre comme elle le réclamait, m’a fait signe de m’avancer. Délicatement, il a écarté le morceau de tissu qui cachait la fente humide de sa compagne. Elise a miaulé en sentant ce premier coup de langue. Tandis que je m’occupais d’elle, Olivier lui retirait son haut pour lui embrasser les seins. Elle fut bientôt allongée, une femme entre ses cuisses, un homme au bout des seins. Pour l’avoir vécu juste après, je confirme que l’orgasme arrive très vite avec un tel traitement. Et ils étaient doués ! Je ne saurais dire aujourd’hui si c’est à la langue agile d’Elise ou aux doigts experts d’Olivier que je dois mon orgasme. J’aime à penser que rien ne serait arrivé ce soir-là sans la charlotte aux fraises.

Le bus
Chaque matin ou presque, je lis les mails très explicites, que tu m’écris avant d’aller dormir. Excitée, au milieu de tous ces gens préoccupés par leur journée à venir, j’imagine qu’un œil curieux te lit avec moi.
Je ne le vois pas, mais je sais que c’est un homme. Je sens son regard sur moi. Impression étrange au milieu d’une foule anonyme, de se savoir observée. Debout, les yeux rivés sur mon black-berry, enivrée par ton mail je me laisse aller à divaguer. Est-ce cet homme pressé, la quarantaine un peu trop gros ? Ce tout jeune homme, sans doute étudiant, qui regarde ailleurs ? Ce père de famille, dont les enfants courent au fond du bus ?
Soudain, je sens une main sur mes fesses. Hasard, faux mouvement ? Je reviens à la réalité et cherche, un peu anxieuse, qui autour de moi a pu se permettre ce geste. Personne ne croise mon regard. Deux stations passent. Les voyageurs s’entassent, se poussent, dans un ballet sans coordination. Mes vis-à-vis ont changé : j’adresse un sourire crispé à la jeune femme que je viens de bousculer. Elle feint de ne pas me voir.
Mi soulagée, mi dépitée, je tâche de me tenir d’une main tout en manipulant mon smartphone de l’autre. Malgré l’inconfort et le balancement saccadé du bus, il me faut à peine une seconde pour repartir dans ton texte. Alors que j’imagine ta bouche sur mes seins, la main revient, plus précise et plus indiscrète : elle se glisse sous mon manteau. Je suis comme tétanisée tandis qu’un dos d’âne me propulse dans des bras inconnus.
Je sens son souffle court dans mon cou et son membre dur contre mes fesses. Autour de nous, personne ne voit rien. Le bus avance lentement dans les embrouillages du matin, mais nous savons tous les deux que le terminus est proche. Sa main entame une course contre le temps et se glisse dans mon pantalon. Prise par le jeu, je libère le premier bouton, pour lui permettre d’atteindre ma fente. L’inconnu y glisse un doigt, rapide, furtif, sans ménagement ni égard. Juste l’envie de marquer sa victoire. Le bus s’arrête. Je serre toujours mon téléphone, mais me laisse aller contre lui, alors que les voyageurs descendent. On nous chahute pour atteindre la porte, il ne faudrait pas rater le train. Dans ma main libre, j’enserre la sienne. Un instant, nous ne sommes que deux dans ce bus. Je ne peux réprimer un sursaut, alors que la main se retire aussi vite qu’elle est venue. J’ouvre mes yeux, restés clos jusque la dernière seconde pour mieux profiter de cette situation insolite. Je suis la dernière à descendre du bus. Mon inconnu est déjà loin.

Satisfaction client
Un second texte, dans la même veine que ” l’entretien” .
Tu conviendras avec moi qu’il n’y a rien de pire qu’un client mécontent. Tu essaies de le calmer au téléphone, rien n’y fait, il va résilier. Pourtant, c’était juste une toute petite erreur, qui ne reproduira plus. Finalement, tu décides de tenter le tout pour le tout et, profitant des vendredis particulièrement calmes tu lui proposes de passer pour en discuter.
Evidemment, tu ne me préviens de rien, mais il m’a bien semblé que tu appréciais en connaisseur la taille (très réduite) de ma jupe. A midi, tu m’as juste demandé de ne porter que ma veste de tailleur, sans rien en dessous. Mais c’est une demande “habituelle” pour un vendredi. Je ne me méfie de rien.
A quatorze heures, j’accueille “normalement” ton client. Un “vieux beau, un peu banal, la quarantaine. Je l’invite à entrer et lui propose du café. Vous passez tous les deux dans ton bureau.
Tu me fais rapidement venir. Je ne sais pas ce que vous vous êtes dit, mais l’ambiance est électrique dès que je passe la porte. L’homme me regarde avec des yeux brillants. Un léger sourire se dessine sur tes lèvres.
– Enlève ta veste.
Je fais de mon mieux pour ne pas montrer ma surprise. D’habitude, pas de jeux à plusieurs au bureau. Je t’interroge du regard et décide de rentrer dans le jeu. Doucement, je fais glisse ma veste et dévoile ma poitrine. Tu te lèves, viens te placer derrière moi et m’attrape la pointe du sein, avant de la prendre dans ta bouche. Je ferme les yeux et ne tarde pas à sentir une seconde langue me titiller. Mes tétons durcissent et je commence à onduler du bassin.
Fort heureusement, vous ne me faites pas attendre trop longtemps : Ta main (ou est-ce la sienne ?), s’insinue entre mes cuisses et commence à tourné autour de mon bouton. Mes gémissements se font plus intenses quand je sens une seconde main me titiller par derrière. Il me semble que vous me chauffer ainsi pendant une éternité.
Puis, je sens tes mains qui appuient sur mes épaules. Je me laisse diriger jusqu’à la barguette de ton client, dont le tissu est déjà bien tendu. Je sors son sexe et l’embouche. Petit mais charnu. Je prends plaisir à le sentir palpiter dans ma bouche, mais cela ne dure pas : le monsieur a d’autres envies. Il se dégage et me fait signe de me mettre à quatre pattes. Je m’exécute avec délice, même si la pénétration brutale m’arrache un cri : il a pris mon cul sans demander, mais je lui en voudrais plus tard. Après une brûlure assez intense, je sens le plaisir monter dans mon ventre tandis qu’il s’agite lentement. Les yeux fermés, tout a mon plaisir, je n’ai pas remarqué que tu l’avais rejoins par terre et je sursaute quand ta langue effleure mon bouton. Je ne sais plus où je suis. Tu me lèches divinement avec une grande douceur et sa queue me possède toute entière. Je finis par jouir et m’écroule exténuée devant ton bureau.
Mais tu n’as pas dit ton dernier mot et lui non plus. Afin de sceller vous nouveaux “accords commerciaux », tu lui proposes d’échanger vos places dans une double pénétration. Un peu tremblante sur mes jambes, je n’ai que le choix de me laisser faire, ce que je fais de bonne grâce. Je me glisse donc entre vous deux et me cambre pour t’accueillir, tandis qu’il me plaque contre lui pour que je m’empale. Rapidement, mes pieds ne touchent plus terre. Le plaisir, que je croyais momentanément éteint, ressurgi, brutal et foudroyant. Vous jouissez l’un et l’autre en même temps.
Ton client se rajuste et je me rhabille. Je quitte rapidement le bureau. J’ai besoin d’un café. Je ne pense pas qu’il résiliera son contrat cette fois ci.

L’entretien
Maintenant que j’ai commencé, pourquoi m’arrêter : Je vous livre donc un second texte.
Petite précision : “Je” n’est pas “moi”.
Ca m’apprendra, aussi, à accepter un entretien d’embauche alors que je suis seule dans un bar. Un soir de juin, il fait très chaud. Je suis sortie pour passer le temps: tenue légère pour cause de température élevée mais aussi d’envies un brin coquines. Célibataire depuis quelques temps, sans emploi depuis peu.
Il a 30 ans mais on lui en donne vingt.
Il m’aborde, d’un timide : “je vous offre un verre ?” Trop mignon. On discute, la soirée passe, les verres aussi. Il travaille dans un cabinet de recrutement. Tiens donc. Evidemment au moment de me raccompagner en voiture, il a un poste à me proposer… Je ne me fais pas d’illusion, mais il fait chaud et l’alcool m’est monté à tête. Quand sa main remonte le long de ma cuisse alors que nous roulons dans Paris, je me laisse faire. “On va chez moi ou tu préfères le plein air ? ” Un chasseur de têtes exhibitionniste ? Je relève le défi. Il arrête la voiture sur un parking au milieu d’autres voitures apparemment vides, puis descend de la voiture. Gentleman, il m’ouvre la portière et glisse sa main sous ma robe: “J’ai voulu savoir toute la soirée si tu portais quelque chose.” Il n’avait qu’à demander, car très vite, je ne porte plus rien. Le petit morceau de dentelle qui couvrait (partiellement) mon intimité git par terre tandis qu’il montre mes fesses à qui veut bien les voir. Je suis collée contre la portière, jambes écartées et la situation commence à me chauffer sérieusement. Monsieur semble pressé mais prend le temps de quelques caresses sur mon bouton avant de déboutonner son jeans. J’avoue ne même pas avoir vu son sexe avant de le sentir en moi. Il me prend fort au début, puis plus lentement. Je sens qu’il prend son plaisir et qu’il veut m’en donner. Une de ses mains continue de titiller mon bouton, ce qui me rend folle. Je jouis en me mordant la lèvre pour ne pas crier. Il me fait ensuite signe de le prendre dans ma bouche, dans laquelle il jouit peu de temps après.
De nouveau dans la voiture, il me remercie et me surprend franchement : “J’ai effectivement un client qui cherche une secrétaire. Mais je devais te tester avant. Il risque de te proposer un salaire élevé mais tu auras des tâches un peu particulières en plus du secrétariat classique. Intéressée ?”
Pas vraiment choquée, mais perturbée quand même. Il le perçoit.
“Il s’agit d’un vrai boulot. La boite existe et il a vraiment besoin d’une secrétaire compétente. Disons qu’il veut joindre l’utile à l’agréable, c’est tout. “
Finalement, si c’est aussi agréable que ce que je viens de vivre… Je lui laisse mon numéro de téléphone et rentre dormir.
Quelques heures plus tard, un message m’informe qu’un entretien d’embauche est fixé pour le lendemain matin, 10:00…
J’arrive en bas de l’immeuble à 10:00 pile. L’endroit est bien placé: au cœur du 8ème arrondissement, dans un bel immeuble. Les locaux de la société sont situés au dernier étage. Je sonne puis je monte. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Aurai je dû arriver toute nue sous mon manteau ? Je suis habillée “working girl sexy” : tailleur noir, jupe au genou mais chemisier légèrement décolleté et bas. Dessous noirs en dentelles, mais suis je sensée en parler ?
Je passe la porte et te vois pour la première fois: bel homme, la petite quarantaine, sourire franc, yeux beaux, mais froid. Je sens un frisson me parcourir quand tu me tends la main Le courant passe. Dans la salle de réunion, nous attaquons directement l’entretien, autour d’un café. Tu me présentes rapidement l’entreprise ainsi que le poste. Tu travailles seul comme consultant et a besoin d’une assistante. Au bout de deux heures, je suis prête à signer, j’ai oublié comment j’ai eu ce rendez-vous.
“Bien sûr, je suis au courant de votre entretien de sélection.
Je me sens rougir jusqu’aux oreilles. Ne sachant que répondre, je baisse les yeux.
“Etes vous prête à poursuivre l’entretien ?
Il n’y a aucun doute sur tes intentions
– Oui.
– Levez vous s’il vous plait.
Je m’exécute et viens me mettre devant toi.
– Que comprenez vous quand je vous dis “étre à la totale disposition de son employeur” ?
Pendant que tu me parles, tu ouvres ma veste et ôtes un à un les boutons de mon chemisier; Tu en écartes les pans et découvres ma poitrine. Je tremble et cherche mes mots:
– Et bien, heu… Etre disponible en terme d’horaires, j’imagine…
Tu passes un doigt sur la dentelles de mon soutien gorge. Mes tétons réagissent immédiatement.
– Oui… Mais encore ?
Encouragé, tu glisses deux doigts sous la dentelle et te saisis de l’un d’eux. Je gémis.
– Je… Je ne sais pas
Tu t’es levé, mon sein toujours dans la main. Tes yeux me fixent et je bafouille. Sans m’en rendre compte, j’écarte un peu les jambes.
– Je passe sans doute trop de temps au bureau, me dis tu en effleurant ma hanche de ton autre main, et j’aime le sexe.
Ta main remonte le long de ma cuisse, jusqu’à mon string. Il est trempé, tant la situation m’excite. Tu frôles le tissu. J’ai eu plusieurs secrétaires “compréhensives” et beaucoup d’amies. Je surchargeais les unes de travail et délaissais les autres. Aujourd’hui, je tente le pari de mélanger les deux…, dis-tu en tirant sur l’élastique.
La situation est hallucinante mais je décide de rentrer dans le personnage. Je reprends ma respiration et saisis ton entre jambe à pleine main. Visiblement, je ne suis pas la seule à qui la situation fait de l’effet. Cette fois, je peux te regarder dans les yeux :
– Et… ça consiste en quoi exactement ?
Tu souris devant cette prise d’initiative:
– Laissez moi vous montrer…
Tu t’agenouilles devant moi et fait glisser mon string sur mes chevilles. Puis, tu remontes ma jupe sur mon ventre. Ma toison apparait et je tente même de la cacher dans un mouvement réflexe. Tu m’écartes gentiment la main et enfouis ta tête entre mes cuisses.
Je sursaute quand je sens ta langue sur mon bouton. Juste un coup de langue, puis tu commences à tourner autour. je sens tes doigts qui dégage son clito et tes lèvres qui l’aspirent. Je ne peux retenir un cri. Le premier d’une longue série de gémissements de bonheur. Je veux bien croire que tu as connu plus d’une femme dans ta vie. Mais qui t’as appris à lécher comme ça ? Tu lapes, tu aspires, tu joues avec mon bouton. Tes caresses me rendent dingue. J’ai enfoncé mes doigts dans tes cheveux de peur que tu arrêtes. Je me sens dégouliner et je gémis sans aucune retenue. Ton autre main empoigne mes fesses et je me cambre immédiatement. Un de tes doigts s’introduit en moi au moment où ta langue me quitte… J’en pleurerai;
– S’il vous plait, continuez…
Tu me souris, les yeux brillants.
– J’adore ce vouvoiement, c’est charmant… Mais c’est moi qui décide, voyez vous ?
Frustrée, mais joueuse, je réponds en baissant les yeux:
– Oui monsieur.
Tu éclates de rire.
– N’ayez crainte, je ne vais pas vous laisser comme ça ! Appuyez vous sur le bureau.
Les fesses toujours à l’air, le sexe en feu, je m’installe comme je peux. Je t’attends, mais contrairement à tous mes désirs, tu te rassois:
– Qu’est ce qui te plairais maintenant ? Je ne te caresserai plus, c’est sans doute devenu trop sensible. Tu veux te faire baiser ?
Tu es ouvertement moqueur et ça m’énerve. Je serai certes prête à ramper pour que tu finisses ce que tu as commencé… Je décide de reprendre l’initiative :
“J’aimerai vous sucer monsieur.
Je m’agenouille et entreprends d’enlever ta ceinture. Tu me laisses faire en riant.
Mais c’est très cliché la secrétaire qui passe sous le bureau ! me dis tu alors que je te prends dans ma bouche.
A ma grande satisfaction, tu arrêtes bien vite de rire pour gémir à ton tour. Tandis que je te sens grossir dans ma bouche, je t’entends murmurer :
“On ne m’avais pas dit que tu avais des talents cachés…”
Je comptais m’arrêter au moment où tu serais prêt à jouir, mais tu en décides autrement en me relevant pour me faire venir m’empaler sur ton sexe. Je suis secouée par un orgasme violent. Tu m’attrapes par les hanches pour m’inciter à m’agiter sur toi. Tu m’embrasses au moment où tu jouis.
Quelques instants plus tard, je suis rajustée, mais épuisée. Tu souris toujours.
“Vous sentez vous d’attaque pour ce poste ? A tous les niveaux ? Je veux que vous réfléchissiez avant de répondre.
Effectivement, je prends mon temps, mais ma décision était prise depuis la première seconde où je t’ai vu :
– Je commence quand ?
Demain.