
Visite guidée
Vous croyez au surnaturel ? Les énergies positives, les esprits, les ondes ? Pas moi. Mais parfois… Je doute.

Interview d’Octavie Delvaux
Une invitée de marque pour commencer l’année !
Sex and the TV, la suite de Sex In The Kitchen, vient tout juste de sortir en poche. L’occasion rêvée pour Chaki, de s’installer sur ses genoux de la talentueuse Octavie Delvaux pour lui poser quelques questions.
Chaki : Bonjour Octavie ! Miss Kat me demande de me présenter avant de commencer l’interview : je suis Chaki, son matou reporter, en charge des critiques et interviews. Et je suis surtout un de tes grands admirateurs ! Je suis ronronnement ravi de te rencontrer… Si j’osais… J’ose ? Je me lance : est-ce que je peux grimper sur tes genoux ?
Octavie : Bien sûr Chaki, grimpe, installe-toi, que je te caresse l’échine. Il paraît que j’ai un fluide dans les mains auquel les félins sont très réceptifs…
Chaki : Graou !!!! Je confirme. Bon, tâchons de rester concentré… Les lecteurs du blog te connaissent déjà : on ne présente plus l’auteur de Sex and the kitchen et maintenant de Sex and the TV ! (Miss Kat et moi avons a-do-ré ! Pour en savoir plus, c’est par ici)
C’est un vrai plaisir de t’interviewer ! Donc, dis-nous tout : qui es-tu ? Quel est ton parcours et surtout, d’où vient ta passion pour l’écriture ?
Octavie : Hum…C’est toujours difficile de dire qui on est. Une femme, c’est sûr, écrivain, je le deviens. C’est drôle, quand j’ai commencé à être publiée, il ne s’agissait « que » de nouvelles, et je me demandais à partir de combien de textes ou de romans on pouvait se qualifier d’écrivain. Je n’ai pas la réponse, je ne suis d’ailleurs pas persuadée qu’il y en ait une, je crois que les blocages sont en nous, ceux du doute, de l’humilité mal placée, et pour le coup il me semble avoir progressé là-dessus. Donc je disais, je suis une femme, écrivain, j’ai fait des études d’Histoire et de Langues étrangères. Fascinée par l’art en général, la littérature et la musique en particulier, j’ai toujours plus ou moins caressé l’espoir de taquiner la plume (au niveau de la musique, j’ai vite compris que ça ne resterait qu’une distraction, mon oreille très approximative ne me permettant pas d’aller plus loin), mais il y a eu des périodes où j’ai mis en sourdine ces ambitions. Elles ont resurgi en raison d’une certaine insatisfaction professionnelle. J’ai vite réalisé qu’aucun métier autre que créatif ne me correspondrait, qu’il fallait que je gagne ma vie en créant, sans quoi je serais toujours insatisfaite et malheureuse. C’est là que j’ai commencé à écrire, avec pour objectif, la publication. Un premier roman, à l’âge de 25 ans, que je n’ai jamais osé envoyer aux éditeurs. Puis des nouvelles, réunies dans un recueil, que j’ai proposé à des maisons d’édition et qui a été refusé : de certaines, j’ai reçu des notes de lecture qui m’ont été très utiles pour progresser. J’ai pris en compte les critiques afin de m’améliorer et je me suis de nouveau jetée à l’eau. Ça a fonctionné, et à partir de là, tout s’est enchainé très vite, les publications se sont multipliées, on m’a commandé un roman, puis deux…
Chaki : Comment as-tu su que tu voulais écrire de l’érotisme ?
Octavie: Aussi étrange que cela puisse paraître, dès que j’ai décidé de me mettre « sérieusement » à l’écriture, l’érotisme s’est imposé de lui-même. J’ai toujours eu un tempérament sexuel assez affirmé mais ce n’est pas pour ça que j’ai eu envie de me lancer dans l’aventure de la littérature érotique. C’est surtout parce qu’en tant que lectrice de littérature érotique, j’étais déçue et frustrée par ce que je lisais, à savoir des textes écrits par des hommes, principalement, qui véhiculaient des fantasmes assez misogynes qui ne me parlaient pas. Donc je me suis dit : si j’écrivais ce que j’ai envie de lire ? Une vraie littérature érotique, osée et épicée comme il faut, mais qui exciterait les femmes.
Chaki : Tu es très prolixe : de nombreuses nouvelles pour les « Osez 20 histoires », un guide : Osez dresser votre mari, 2 romans… Comment gères-tu l’écriture au quotidien ?
Octavie : Je le gère comme un travail dans la mesure où je planifie des séances d’écriture, je libère des plages horaires pour les respecter, et je m’impose des objectifs. Ce dernier point est le plus complexe : je suis plus ou moins inspirée selon les jours, la nature des passages à écrire, et puis et puis il y a aussi la flemme ! Mais je refuse de tomber dans les excès que j’appellerais du « poète maudit » à savoir : « puisque ça ne vient pas, je n’écris pas, j’attends que l’inspiration tombe des cieux ». Si on procède comme ça (ça m’est arrivé à une époque), on n’avance pas ou péniblement. Donc, quoi qu’il en soit, je me force, je lutte contre ma nature paresseuse pour produire quelque chose malgré tout, quitte à conclure après coup que c’était mauvais.
Chaki : Quelles sont tes envies par rapport à l’écriture ? Parle-nous des projets qui te tiennent à cœur !
Octavie : Des envies, j’en ai plein ! Sortir des carcans, aller vers des genres comme la science –fiction ou la littérature plus « classique ». J’ai encore deux ou trois choses à dire dans le domaine de l’érotisme, rassurez-vous, mais j’ai de plus en plus de mal à m’y cantonner. Je crois que plus on écrit, plus on découvre ses richesses intérieures et ce qu’il est possible d’en faire. Si le temps me le permettait, je serais sur tous les chantiers à la fois.
Par exemple, j’ai découvert récemment, à travers l’écriture de scénarios, le milieu du cinéma, et j’ai plein d’envies et de rêves en la matière.
Chaki : Quelle est ton actualité littéraire ?
Octavie : Tout d’abord, il y a la sortie en poche de mon second roman, Sex and the TV dès janvier 2016. Puis, au printemps, la publication d’un ouvrage qui réunira certaines de mes nouvelles déjà publiées ainsi que des inédites autour d’une thématique que je garde secrète pour l’instant. Enfin, un petit manuel de sexo Osez, ce sera pour fin 2016 ou début 2017, je pense.
Chaki : Merci d’avoir répondu à ces questions, Octavie ! La Miss et moi avons vraiment hâte de te lire !
C’est fini ? Non, parce que, moi, je ne veux pas descendre. Je reste là.
Pour suivre l’actualité d’Octavie :
- Blog : www.octavie–delvaux.fr/
- Facebook : https://fr-fr.facebook.com/octavie.delvaux
- Twitter : https://twitter.com/octaviedelvaux
Chaki,
Le matou reporter

Douceur de fin d’année
Les fêtes sont souvent l’occasion d’offrir des gourmandises en cadeau. En cette fin d’année, je vous propose de découvrir ma version (très personnelle) de la dégustation de petits fours.

Un collectif d’auteurs : Fragments de femmes
Fragments de femmes, c’est d’abord une voix, celle d’Aline, qui appelle les copines : “Venez, on va écrire ensemble! On prendra des photos qu’on s’échangera et on écrira chacune une histoire dessus”.

Interview de Charlie
N’essayez pas d’être quelqu’un d’autre qui correspondrait plus à l’image mentale que vous avez de ce qui doit être sexy et attirant, soyez vous même, le plus possible… CHARLIE

Miss Kat par Charlie
Quand deux rêveuses se rencontrent…
L'interview de Miss Kat par Charlie
Début de l’été, chaleur, bonheur… Cette année, le mois de juin fut celui des belles rencontres. Ainsi, j’ai fait la connaissance de Charlie et son chéri Renaud.
Avant, Charlie était surtout une voix, celle de l’émission Les lectures érotiques sur LSF Radio. Grâce à elle, j’ai eu le plaisir d’écouter deux de mes textes lus à l’antenne : Les Amoureux libertins et Au Café les conseils des copines.
La dernière partie de l’émission se fait en mode « hyterical », c’est-à-dire avec l’aide d’un Fairy (Vous savez, le sextoy dont je parle dans Au café…). J’ai donc eu l’émotion (le mot n’est pas trop fort) d’entendre une lectrice prendre son pied sur mes textes. Croyez-moi, c’est loin d’être anecdotique. C’est même un moment fort !
Ça vous intrigue ? Allez donc l’écouter ici
Mais Charlie avait bien une idée derrière la tête quand nous nous sommes vues. Entre deux fous rires à la terrasse d’une sympathique brasserie parisienne, cette demoiselle m’a posé des questions intéressantes, impertinentes, et indiscrètes. Autant vous dire que depuis, Chaki est sur les dents : il se creuse les méninges pour trouver des questions aussi pertinentes à lui poser. Bon courage mon matou !
Quiconque me connait un peu comprendra que j’ai été vraiment très touchée par la jolie présentation que Charlie a fait de moi. Pour lire mes réponses, c’est par ici
Le site de Charlie rejoint bien évidemment la colonne « Miss Kat aime » de ce blog. D’ailleurs, si la personnalité et le parcours de la belle vous intrigue, je vous invite à lire le texte touchant et drôle de Renaud : Diantre, ma femme est une camgirl
Et surtout, dîtes-moi en commentaire ce que vous pensez de l’interview et des podcasts.
Je veux tout savoir !

Au café, les conseils des copines
Cela fait presque vingt minutes que nous sommes installées en terrasse.
Devant un café froid, je finis d’exposer mon problème aux filles : Damien n’a plus envie de moi.
– Tu es sûre ?, demande Violette.
Je hoche la tête :
– Avant, on ne restait pas deux jours sans rien faire. Ce soir, ça fera trois semaines que c’est calme plat sous la couette.
– C’est long…, commente Stella.
J’aime son esprit de synthèse. Je regarde mes amies d’un œil suppliant :
– Alors ? Des idées ? Ça a bien dû vous arriver, non ?
– Non…, murmure Stella, avant que Candice et Violette ne lui balancent un coup d’escarpins dans le mollet.
– Qu’est-ce que tu cherches ? Le punir ? Lui redonner envie ?
– Les deux mon Capitaine !
Le fou rire qui suit détend l’atmosphère. Puis le silence.
Je dois bien l’avouer : je suis à la fois triste et en colère. Depuis une vingtaine de jours, j’ai tout essayé : câlins, jeux de séduction, strip tease, propositions coquines… Je lui ai même proposé d’aller en club échangiste : il m’en parle depuis des mois. Je n’ai rien contre l’idée, mais je voulais que cela se fasse quand je l’aurais décidé, non parce qu’il me l’avait demandé. J’étais donc sûr de moi : c’était la solution pour raviver la flamme ! Pourtant, Damien s’est contenté d’hausser les épaules. Ce jour-là, j’ai compris qu’il me fallait de l’aide.
Devant leurs deuxièmes cappuccinos, mes trois meilleures amies réfléchissent. J’ai réuni ma « cellule de crise » : Stella, rousse incendiaire, notre bombe sexuelle, aussi extravertie que naïve par moment, reste sans voix pour l’instant. Candice jolie brune, féministe militante, sirote son breuvage en attendant l’inspiration. A ma grande surprise, c’est Violette, la sage blondinette du groupe, qui se lance la première :
– Vous ai-je déjà raconté la fessée que Fabien m’a administrée au coin d’un bois ?
Nous la regardons, les yeux ronds. Violette, une fessée ? C’est une blague ?
– Tu sais bien que non, murmure Candice, les yeux fixés sur elle.
– C’était… Troublant.
Voilà autre chose ! La novice du groupe se découvre une sexualité.
– Raconte !, l’encourage Stella, en essuyant un reste de mousse de lait collé à la commissure de ses lèvres.
– Et bien… Je n’avais pas été très… Obéissante.
– Allons bon ! Qu’est-ce que ce porc, enfin pardon ce mec, rectifie haut et fort Candice, avait bien pu te demander ?
Violette rosit. Notre si réservée petite blonde n’a pas l’habitude d’être ainsi le centre d’attention, mais elle l’a bien cherché !
Après un court silence, elle continue :
– Je n’ai pas avalé correctement.
– Avalé quoi ?
– Et bien… Heu… Lui ! Enfin, je veux dire…
– C’est bon, on a compris !, lance Candice en levant les yeux au ciel.
– Attends, il t’a forcée ?, demandé-je, outrée.
– Non, non ! J’étais d’accord ! Je le suçais avec application, en prenant mon temps, comme à chaque fois : j’adore le sentir grossir dans ma bouche, c’est mon petit plaisir ! Rien de tel qu’un membre chaud qui palpite sur la langue, juste avant de jouir, pour me faire me sentir la reine du monde.
Nous avons toutes posé nos tasses. Nous l’écoutons, hypnotisées par le discours tellement (sur)réaliste de Violette. Difficile d’imaginer cette passionnée du point de croix en papesse de la pipe…
– Mais ce jour-là, poursuit-elle, rien ne s’est passé comme prévu : Fabien a joui un quart de seconde trop tôt, du coup, fausse route : je me suis étouffée, je n’ai pas pu avaler. Il m’a giclé dessus. J’en avais partout : le nez, les joues, les cheveux…
L’image de Violette couverte de sperme me trouble. Un vieux bouquin érotique de la bibliothèque de mon père, que je lisais en cachette, « l’étudiante humiliée » me passe en tête.
– Ce n’était pas vraiment ta faute, balbutie Candice. Je ne vois pas comment il en est venu à la fessée.
– Il a dit que j’étais sale, dit Violette en baissant les yeux. Nous devions déjeuner chez mes parents. Il avait arrêté la voiture sur le bas côté de la route. Fabien aime bien ce genre de gâterie improvisée, ajoute-t-elle, les joues toutes rouges. Il a ajouté que nous n’avions plus le temps de faire demi-tour et qu’il fallait que je m’arrange. Nous sommes sortis de la voiture et il m’a entrainée dans le bois.
– Pour quoi faire ?, demande Stella.
– Je pensais qu’il voulait juste que je me rajuste… Mais quand nous avons été hors de vue de des passants, il m’a basculée sur son bras et a relevé ma jupe. J’ai à peine eu le temps de sentir l’air frais sur mes fesses que la première claque est tombée.
– Et ta culotte ?
Candice et moi avons hurlé en même temps :
– Stella !
– Je n’en porte jamais quand je suis avec Fabien, répond Violette avec naturel. Il aime me savoir accessible. D’ailleurs, la sodomie qui a immédiatement suivie était très agréable.
Nous sommes tellement soufflées par cette confession aussi inattendue qu’impudique que nous ne posons pas de questions.
En passant à côté de notre table, le serveur nous demande si nous voulons de nouveaux cafés. Nous avons grand besoin. Je hoche la tête, encore sous le choc (le charme ?) de ce que je viens d’apprendre.
Cependant, si j’ai à présent de quoi rédiger un dossier croustillant, ces révélations ne règlent en rien mon abstinence forcée.
– Je suis ravie que Fabien et toi soyez en phase, mais ce n’est pas mon cas, soupiré-je un poil trop mélodramatique.
– As-tu essayé les godes ? me demande Candice.
Je regarde mon amie comme si elle avait subitement été frappée de folie.
– Sur lui, tu veux dire ?
– Oui. Un plug, par exemple.
– Tu n’y penses pas ! Je ne connais personnes de plus macho que lui. Je doute qu’il ait une révélation bi, comme ça, sur un malentendu !
Mon expression les fait rire. L’atmosphère se détend.
– Pourtant, comme le dit Octavie dans son livre, Sex in the Kitchen « Homme enculé, homme fidélisé ».
Octavie Delvaux est l’auteure érotique préférée de Candice. Stella et Violette se bidonnent. Pourtant, je reste perplexe :
– Déjà qu’il n’a plus envie de moi, rétorqué-je, je ne vois pas comment je pourrais mettre ce plan en œuvre.
– Ne t’a-t-il jamais forcé la main pour une sodomie ?
– Ca a dû arriver…, murmuré-je en baissant la tête.
– Et bien fais pareil !, s’exclame Candice. Moi aussi, figure-toi, j’ai testé et approuvé, ce que je te conseille.
– Attends… Tu encules Alban ? demande Stella qui semble avoir vraiment besoin d’explications aujourd’hui.
– Exactement.
A bien y réfléchir, ça n’est pas plus abracadabrant que Violette recevant une fessée en forêt. Alban est pompier, petit mais tout en muscles. Il a une bouille de Monsieur Propre sans la boucle d’oreille…
Violette semble aussi abasourdie que nous, mais elle est la seule qui ose demander ce que nous attendons toutes : des détails.
– J’ai mis au point ce petit châtiment un soir où Alban s’était montré vraiment exécrable.
– Mais ton mec est une crème ! s’exclame Violette, qui a toujours eu un faible pour lui.
– Ca va, Blanche Neige !, se moque Candice. Il est loin d’être parfait, crois-moi. Le partage des tâches, par exemple, il ne connait pas. Et comme je travaille autant que lui, ça me soule. Après une ultime dispute « rattrapée » sur l’oreiller, je lui ai mis le marché entre les mains : soit il réalisait mon prochain fantasme sans protester, soit je le quittais sur le champ.
– Tu l’aurais vraiment fait ?, demande Stella, une lueur admirative dans les yeux.
– Non. Mais j’avais réussi mon pari : je l’avais assez titillé pour qu’il me cède. Je lui ai bandé les yeux et fait mettre face au mur en exigeant qu’il reste immobile. Il rigolait pour se donner une contenance. Il faut que je vous dise : le mot « domination » lui fait horreur.
– Je comprends ça, dis-je en pensant à Damien.
– Quand il a commencé à poser des questions, j’ai ramassé un collant qui trainait par terre et je l’ai bâillonné avec. J’ai tourné un moment autour de lui, puis je me suis mise à caresser ses fesses. Il s’est immédiatement crispé. A ce moment-là, j’ai envisagé d’arrêter de jouer. Malheureusement pour lui, de là où nous étions, j’avais une vue imprenable sur la pile de vaisselle qu’il avait refusée de laver. J’ai écarté délicatement les deux globes de chair, avant de les griffer le plus profondément possible. Je le sentais trembler. Je me suis éloignée sans un mot, le temps d’aller chercher un jouet que conservais depuis longtemps, comme si j’avais toujours su que nous finirions par y jouer : un plug anal, pas très gros, mais qui ferait son effet sur mon homme.
Je découvre mes amies : nous avons toujours parlé ouvertement de tout, mais en leur avouant mes problèmes de couple, j’étais loin d’imaginer ce que j’entendrais. J’ai l’impression d’être une voyeuse… J’adore !
– Je n’allais quand même pas lui enfiler l’objet sans préparation, même s’il était en silicone et très doux. Je me suis donc agenouillée et lui ai procuré la plus longue feuille de rose toute notre histoire.
– Quelle horreur !, lance Violette écœurée.
– Sérieusement, tu n’as jamais léché le cul de personne ? demande Stella, toujours au taquet pour les questions importantes.
– Mais non !, s’insurge Violette, tandis que nous ne pouvons retenir un fou rire.
– Tu devrais ! décrète Candice en reprenant son souffle. Alban était tout détendu à la fin. Je crois même qu’il avait oublié que j’avais quelque chose en tête. Malgré le bâillon, il a hurlé quand le plug a pénétré son anus. Je n’y suis pas allée en douceur non plus… Il s’est débattu, mais j’ai eu tôt fait de lui rappeler sa promesse.
– Il tient vraiment à toi… laisse tomber Violette avec une pointe de déception dans la voix.
– Je voyais bien qu’il souffrait, pourtant, je n’en avais pas fini avec lui : vous vous souvenez du costume de soubrette qu’il m’a offert à Noël ?
Stella, Violette et moi hochons la tête. Alban avait voulu « faire de l’humour ». Pourtant, il connaissait les convictions de sa copine ! Evidemment, Candice avait toujours refusé de le porter. C’est même un miracle qu’elle ne l’ait pas lacéré le soir du Réveillon (le costume, pas Alban : nous l’avons retenue).
– Je le savais : il est fait pour lui !, exulte Candice. Mais j’ai eu une sacrée surprise quand j’ai retourné mon homme pour l’admirer : il bandait comme un fou !
– Non !, lâchons-nous d’une même voix.
– Si, confirme Candice. Je ne pouvais pas le laisser comme ça… Pour le récompenser, je lui ai ordonné de s’allonger sur le dos et me suis empalée sur lui.
– Mais il devait souffrir encore plus ! hurle Violette, au bord du malaise.
– Je peux t’assurer qu’il n’a pas réclamé sa mère !, rigole Candice. Par contre, ça a duré beaucoup plus longtemps que d’habitude et il m’a avoué qu’il avait rarement joui aussi fort.
– Vous avez recommencé depuis ?, demandé-je au comble de la curiosité.
– Disons que je ne fais plus souvent le ménage à la maison… Nous avons investi dans un plug plus gros, conclut Candice avant de commander un jus d’orange au serveur, qui s’exécute aussitôt.
Tout cela me plonge dans une intense réflexion. Une grande excitation aussi, je dois bien l’admettre. Imaginer Candice en domina et Violette en soumise, rendraient dingue n’importe qui d’un peu porté sur la chose. C’est à la fois mon cas et mon drame: pourquoi Damien n’a-t-il plus envie de moi ? « Trop de boulot. » « Fatigué. » Foutaises. J’ai fouillé, questionné, investigué : Il semble qu’il n’y ait personne d’autre dans sa vie. J’ai déjà eu des rivales. Petits trips romantiques ou plans culs, il m’est toujours revenu. J’en ai conçu de la colère, de la rancœur, de la peur parfois, mais rien de comparable avec aujourd’hui. Avant, je n’avais que des doutes. Là, j’ai une certitude : sans cul, notre histoire est finie.
– Et bien moi, je te conseille la grève du sexe, déclare Stella doctement.
– Mais tu le fais exprès ?, demande Candice. Il n’a plus envie d’elle. Ils ne baisent déjà plus ensemble.
– J’ai compris…, bougonne Stella. Mais avec mon mec, ça marche.
– Lequel ?, questionne Violette en toute innocence.
Stella ne relève pas. Elle nous explique :
– La grève du sexe, ce n’est pas simplement dire « non » quand il demande un câlin. C’est le chauffer à blanc, lui faire comprendre qu’il aura tout, pour au final ne rien lui céder. Partir en le laissant la queue raide au milieu du salon. Claquer la porte avant même qu’il n’ait débandé. Et savoir que sa main ne suffira jamais à soulager toute la frustration accumulée.
Elle semble bien connaitre son sujet, la garce !
– Une fois dehors, je fais quoi, moi ? Je me connais : si je l’ai chauffé à blanc, ça veut dire que je suis dans le même état.
Violette et Candice approuvent d’un mouvement de tête.
– Il te suffit de te trouver quelqu’un !, rétorque Stella en haussant les épaules.
Je me suis figée. Un coup d’œil autour de la table me prouve que mes amies sont aussi abasourdies que moi.
– Tu m’encourages à tromper Damien ?
– Pour une soirée, pas pour la vie !, s’exclame Stella, en prenant brusquement conscience de l’absurdité de sa proposition.
– Nous avons une gagnante !, proclame Candice. Stella, ma chérie, tu n’as pas eu ta piqûre anti-énormité ce matin ?
– Désolée…, marmonne Stella maintenant rouge écarlate, alors que plusieurs personnes aux tables voisines se retournent vers nous.
– La solution, pour le moment, intervient Violette, c’est la masturbation.
Elle a parlé sur le même ton que Candice. Nous sommes maintenant le centre d’attention de la terrasse. Violette rosit une fois de plus et continue un ton plus bas :
– En attendant que Damien reprenne ses esprits, rien de tel que le plaisir solitaire. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
– Violette a raison, renchérit Stella. Rien ne vaut un bon vibro.
– Pourquoi pas un canard ?, lance Candice en levant les yeux au ciel. C’est tout à fait démodé ! Il faut avant tout que tu répondes à une question primordiale : clitoridienne ou vaginale ?
Ma main tremble violemment. La tasse cogne contre la soucoupe. Je ne sais pas par quel miracle je ne renverse pas mon café. J’ai très chaud tout à coup.
– « Itoidienne », bafouillé-je.
– Pardon ? demandent en chœur mes trois amies.
– Clitoridienne.
Dire que je pensais que rien ne pourrait me mettre mal à l’aise ! Je ne m’attendais pas à voir se révéler trois délurées perverses.
– Une boutique coquine, dit Stella.
– Vous voulez m’emmener dans un sex shop, maintenant ?
– Mais non, enfin ! s’écrie Candice scandalisée. Une boutique en ligne.
– Il y en a des très bien. Je vais te donner l’adresse de celle où j’ai acheté le plug pour Alban.
– Et bien moi, j’ai offert un martinet à Fabien !
– Maso…, rétorqué-je sans la regarder.
Des images de châtiments avec Violette dans l’un des rôles principaux me taraudent. Il fait chaud, vraiment très chaud.
Martinets, plugs, lingerie fine… Mais qui sont ces jeunes femmes ? Rendez-moi mes copines !
– On va te trouver ton futur meilleur ami sous la couette !, jubile Candice.
– Mais… Que voulez-vous que j’en fasse ?
– T’en servir, pardi ! Ce qui te manque, ma chérie, c’est un bon orgasme, m’assure Candice.
Violette et Stella approuvent. Candice se lève et lance à la cantonade :
– Venez les filles ! On va chez moi !
Violette, et Stella sont déjà debout. Je n’arrive pas à bouger de ma chaise.
– Qu’est ce qui se passe ?
– Partez devant. Il faut que je paye. Je vous rejoins.
– Sûre ?, demande Violette en me regardant avec inquiétude.
Je hoche la tête. Une seconde plus tard, je les regarde s’éloigner, excitées comme quand nous allions acheter des bonbons en douce à la sortie du collège. Je suis un peu dépassée. Aucune des images que j’avais de mes meilleures amies ne correspond à celles que je viens de voir. Et pourtant…
– Mademoiselle ? Vous désirez autre chose ?
Le serveur est à côté de moi. Je ne l’ai pas entendu arriver. Je reprends pied avec la réalité.
– Non merci. L’addition, s’il vous plait.
– Trente deux euros quarante.
Pendant que je fouille à la recherche de monnaie, l’homme se penche vers moi :
– Je peux vous poser une question ?
– Bien sûr…
– Pourquoi ne lui proposez-vous pas un jeu coquin, tout en douceur ?
Je relève la tête tellement vite que je manque de le télescoper.
– Je vous demande pardon ?
– Votre ami. Damien, c’est ça ? Vous voulez ranimer la flamme ? Vos amies ont sans doute leur « trucs », mais je ne suis pas sûr que l’humiliation ou le châtiment corporel soient les solutions.
Qu’est-ce qu’il en sait ? Nous avons vraiment parlé si fort que ça ?
– Je pense que tout cela ne vous regarde pas, rétorqué-je avec une pointe d’agressivité.
– Ni moi, ni l’ensemble de la terrasse. Pourtant, nous sommes tous au courant de votre vie sexuelle.
Je rougis violemment et attrape mon sac, prête à partir en courant.
– Attendez ! Excusez-moi. Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise.
– Pourquoi me dire tout cela dans ce cas ?
– Ma femme et moi avons vécu la même chose que votre ami et vous.
– Et que me conseillez-vous ?
– De rejoindre vos amies et de les laisser vous offrir un sextoy.
– Je ne comprends pas.
– Il vous suffit de choisir un jouet auquel vous pourrez jouer à deux
Je l’écoute plus attentivement. Et s’il avait raison ?
– Hum… Vous avez une référence ?
– Et bien…Renseignez-vous donc sur le Fairy.
– Qu’est-ce que c’est ?
– Une baguette magique, répond-il avec un clin d’œil.
Je le regarde avec des yeux ronds. Cette conversation a pris un tour bien trop surréaliste pour moi. Après tout ce que je viens d’entendre, je ne serais pas autrement surprise de voir un couple naturiste passer devant moi en plein Paris.
– C’est un stimulateur clitoridien. Vous pouvez jouer toute seule, c’est vrai, mais Monsieur peut également s’en servir sur vous. C’est très excitant.
– Vous avez l’air de savoir de quoi vous parlez…
Il éclate de rire.
– J’avoue. Ma femme et moi avons essayé et nous sommes totalement convaincus ! Nous jouons souvent mais toujours ensemble. Réfléchissez-y !
L’homme prend la monnaie et disparait dans le café.
Je rejoins les filles et leur demande :
– Vous avez déjà entendu parler du Fairy ?

Soumise professionnelle : appellation glamour, réalité glaçante
J’ai longuement hésité à publier cet article. J’ai déjà dit à plusieurs reprises sur ce blog que je n’étais absolument pas pour la pénalisation des clients de prostituées, encore moins pour l’abolition de celle-ci.
Cet article est avis, un ressenti. J’aimerai vraiment connaitre les vôtres.
Le BDSM une pratique chic et respectable ?
En tant qu’auteur érotique, j’ai écrit plusieurs nouvelles mettant en scène des rapports de soumission et de domination. Autant le dire, le sujet me passionne depuis déjà de nombreuses années. J’ai lu les classiques du genre : Histoire, d’O., Sade… Depuis la déferlante “50 nuances de Grey” j’ai vu ce genre de relations fleurir un peu partout dans les livres, jusque dans les romances un peu chaudes. Grâce au “Mommy porn”, le SM (ou BDSM soit Bondage, Domination, Soumission, Masochisme) est sorti du bois. Il est devenu acceptable, voir émoustillant d’admettre qu’on aime recevoir des fessées parce qu’on n’a pas été sage. Pas trop grosse quand même, les fessées. Il ne faudrait pas que cela fasse (trop) mal.
C’est oublié que le BDSM regroupe nombre de pratiques extrêmes que Christian Grey lui-même n’a sans doute jamais expérimentées. Mais libre à n’importe qui de se prendre pour la douce Anastasia si cela lui chante.
Par contre, quand j’ai lu dans cet article qu’on trouve à présent des “soumises professionnelles”, j’avoue que j’ai eu peur.
Petite précision : Je ne parlerai que des relations entre hommes dominants et femmes soumises. Les relations entre une domina et son soumis sont encore différentes. Ce n’est pas le propos ici.
Monnayer la confiance, tarifer l’abandon
“Soumise professionnelle”, une variante du plus vieux métier du monde ? Je veux bien, mais cette “spécialisation” me met particulièrement mal à l’aise. Certes, il s’agit bien d’accepter, contre rémunération, d’effectuer des prestations de soumission envers un autre individu. Quelles sont ces prestations ? Selon l’article, des fessées, des coups de cannes, des orgasmes forcés (lire ces deux termes accolés me laisse perplexe) ainsi que toutes sortes d’humiliations mises en scène.
Dans une “vraie” relation, j’entends par là, une relation non tarifée, se soumettre à son partenaire, signifie accepter que, l’espace d’un instant, il prenne les rennes. Durant ce laps de temps, la “soumise” place assez de confiance en son “maître” pour le laisser faire ce qu’il veut d’elle. Cela requiert une capacité d’abandon et de lâcher prise qui n’est envisageable que si le maître et la soumise se connaissent et savent “jusqu’où ils peuvent aller trop loin.”
Dans le cadre d’une relation tarifée avec une soumise, l’abandon s’obtient contre de l’argent, de même que l’orgasme dans le cadre d’une relation avec une prostituée “classique”. Cet abandon n’est pas réel. Il est pourtant indispensable pour qu’une “vraie” relation de soumission fonctionne. On me dira que c’est le jeu dans une relations tarifée. Mais les coups reçus et les humiliations subies sont bien réels. Oui, la soumise a un « safe word » grâce auquel elle peut tout arrêter. J’ai peine à croire que ce soit aussi simple.
Je ne prétends pas qu’une prostituée “classique” ne prend jamais de plaisir avec ses clients. Mais il peut arriver qu’elle simule. Pendant le temps durant lequel elle simule, libre à elle de “déconnecter”, de penser à autre chose. Une soumise professionnelle peut-elle en faire autant ?
Des coups et des humiliations consenties contre de l’argent
Les prestations de la soumise, même si elles incluent du sexe, sont sensiblement différentes de celles proposées par une prostituée “classique”. Les jeux BDSM se nourrissent de violences verbales et physiques ainsi que d’humiliation.
Je comprends qu’on puisse aimer ça dans le cadre d’une “vraie” relation, mais de là à monnayer ce type de service ? On me dira que c’est la même chose dans une pour une prostituée classique. J’en conviens (difficilement) même si pour moi, cela revient à accepter des coups et des humiliations contre de l’argent…
L’implication émotionnelle, qui existe évidemment dans un rapport tarifé classique est selon moi encore plus grande dans un rapport de soumission contre de l’argent. La question que je me pose est : jusqu’où est-on prêt à aller pour de l’argent ? La réponse est sans doute propre à chacun.
Une dérive dangereuse
“Ca varie entre 400 à 800 euros de l’heure. Ça dépend vraiment de ce que la session comporte.” Vraiment ? En ces temps de conjoncture économique difficile, n’est-il pas un peu irresponsable d’afficher de tels chiffres ?
L’argent, l’indépendance et le fait qu’elles aiment ce qu’elles font, sont les raisons le plus souvent évoquées par les prostituées, quand on leur demande pourquoi elles ont choisi ce métier.
Je ne critique absolument pas ce choix, qui ne me semble pas moins respectable qu’un autre.
Pourtant, la dernière question de l’article : Quels conseils donneriez vous à une fille qui veut devenir soumise professionnelle ?” me parait extrêmement dangereuse. Certes, la jeune femme interrogée met en garde : “Ne faites surtout pas ce boulot si vous n’appréciez pas réellement être soumise”. Mais cet avertissement me semble bien faible. Je trouve qu’elle minimise les séquelles physiques mais surtout psychologiques que peuvent laisser de telles pratiques (des coups et des humiliations volontairement subis) dans un cadre aussi peu sécurisé que celui-là.
Il y aura toujours de la demande pour ce genre de service. Mais cet article et ses photos sexy, contribuent à renforcer un sentiment de toute puissance et d’impunité (puisque le rapport est consensuel) d’hommes simplement violents ou avides de pouvoir qui utilisent l’appellation aujourd’hui chic de BDSM pour masquer des tendances nettement plus glauques.

Prochaines publications
J’ai le grand plaisir de vous annoncer trois nouvelles publications sur 2015 :
- Je ferai partie du recueil Miroirs de la Collection Paulette aux éditions du 38. Je remercie encore Anita et Aline pour leur confiance. A paraître en avril-mai.
- Ma nouvelle Au bonheur des dames, qui n’a rien à voir avec un grand magasin, paraîtra elle aussi en mai aux éditions L’ivre book. C’est ma troisième apparition dans le catalogue de cette petite maison qui monte, après Pompier volontaire et ma participation au collectif A toute volée.
- Enfin, le 20 août, paraîtra aux éditions Dominique Leroy Lieu de cul(te). Le titre est déjà tout un programme en lui-même. Je vous en reparlerai bientôt.
Je ne pouvais pas écrire trois textes plus différents les uns des autres. Je suis heureuse que tous aient trouvé un éditeur, car ils me ressemblent, chacun à leur manière.
Je parlerai plus en détail de chaque titre dès que j’aurais leur date de sortie « officielle »
D’autres projets sont en cours… A suivre !

Interview d’Eva Delambre
Éva Delambre, auteure de Devenir Sienne et l’Esclave
Chaki : Bonjour Éva ! Ravi de te rencontrer ! Je peux monter sur tes genoux ?
Éva Delambre : Avec plaisir, mon Maître l’autorise, sourire.
C : Miss Kat et moi aimons beaucoup ce que tu écris ! La lecture de Devenir Sienne a été un moment captivant (relire la critique). J’ai hâte d’en savoir plus sur ton parcours d’auteur : Qui es-tu ? Et surtout, d’où vient ta passion pour l’écriture ?
ED : Je crois avoir toujours eu la passion des mots et l’envie de rédiger un roman, mais sans doute n’avais-je pas assez confiance en moi pour oser réellement franchir le cap. Il y a quelques années, j’ai parcouru quelques forums d’écriture par curiosité, et je suis tombée sur de la littérature érotique. Un brin excitée, j’ai voulu essayer. J’ai eu beaucoup de mal à me lancer et à parvenir à me lâcher à cause notamment du vocabulaire érotico-pornographique mais j’ai voulu me confronter aux critiques en publiant des textes sur des forums spécialisés. L’expérience fut très positive et j’ai décidé de continuer, en prenant de plus en plus d’assurance. J’ai aussi réalisé que l’érotisme soft ne m’excitait pas beaucoup. Cela ne correspondait pas à mes envies profondes ou mes fantasmes. Mes mots se sont très vite tournés vers la domination/soumission qui éveillait en moi un vrai frisson, et j’ai découvert tout un monde, lequel m’a conduit vers mon Maître. Depuis je vis ma condition de soumise tout en continuant à mettre des mots et des émotions sur cet univers. « Devenir Sienne » est né ainsi, d’une double découverte, celle de l’écriture mêlée à celle du BDSM vécu aux pieds de mon Maître. « L’Esclave » a suivi, cette fois avec une tonalité encore plus tournée vers des fantasmes que j’ai moi-même, comme bien des soumises, une abnégation totale.
C : Voudrais-tu faire de l’écriture ton métier ?
ED : C’est un rêve pour toutes celles et ceux qui écrivent je crois. Et je ne déroge pas à la règle. Toutefois, je ne souhaite pas pour le moment me tourner vers de l’écriture commerciale. J’ai besoin d’aimer ce que j’écris et de vibrer au rythme de mes personnages. L’univers BDSM reste assez tabou et n’attire pas un public assez vaste pour me permettre de vivre de mes mots.
C : Pourquoi écrire de l’érotisme et plus particulièrement le BDSM ?
ED : Juste parce que c’est ce que j’ai envie d’écrire. Je pourrais même dire : parce que j’ai besoin de l’écrire. J’aime mettre des mots sur cet univers, je trouve ça excitant et très enrichissant. Je me découvre beaucoup à travers mes propres mots. Toutefois, je ne suis pas fermée et je suis aussi attirée par d’autres styles littéraires. Mais pas d’érotisme sans BDSM, sourire.
C : Quelles sont tes envies par rapport à l’écriture ?
ED : Encore et encore ! J’ai d’autres projets en cours, trop sans doute ! J’aimerai écrire davantage et avoir plus de temps. J’envisage aussi d’autres styles, mais c’est encore trop tôt pour en parler.
C : Parle-nous des projets qui te tiennent à cœur !
ED : Conserver le collier de mon Maître, et finaliser tout ce que j’ai commencé serait un bon début ! Notamment mon troisième livre à paraître. C’est très excitant d’achever un roman et de le voir publier, c’est assez magique et je ne crois pas que je pourrais m’en lasser. J’aimerai aussi écrire un livre à deux, rares sont les vrais Maîtres qui expriment leurs visions ou leurs points de vue sur ces relations particulières et je crois que ce serait bien de mêler récits érotiques BDSM et vision de Maître. J’aime aussi rencontrer mes lecteurs/lectrices, je serai au salon du livre de paris fin mars. Comme tu peux le voir, Chaki, j’essaye toujours de donner du temps à mes lectrices et lecteurs. J’adore lire les commentaires (surtout les bons, lol) et recevoir des photos de mes livres dans des situations incroyables, j’aime ces échanges.
C : Merci d’avoir répondu à ces questions, Éva ! A très bientôt !
Le mot de Miss Kat : Merci encore d’avoir répondu à ces question, Éva. Ce fut un grand plaisir de te lire. Chaki a mené l’interview, je voudrais réagir sur certaines de tes réponses:
Une chose m’a particulièrement plue dans Devenir Sienne : tu décris très bien le cheminement personnel de ton personnage qui comprend petit à petit qu’elle s’épanouit dans la soumission. Même s’il s’agit avant tout d’une relation homme – femme très forte,c’est avant tout un choix personnel. Elle décide de vivre ce type de relation.
En tant que lectrice, je trouve qu’un livre écrit à deux plumes sur la relation Maître Soumise serait une excellente idée, à la fois excitante et surtout intéressante: voir le Dominant sortir de l’ombre, surtout s’il gagne en humanité sans perdre en stature. Je pense aussi que le monde du BDSM a besoin de cela, notamment concernant la question du consentement : il n’y a qu’à voir les dérives qu’a suscité la parution de 50 nuances. Je pense qu’un tel livre ferait taire nombre de voix qui s’amusent à parler pour les Maîtres ou pour les Soumises, car il montrerait de manière forte et double le lien réel qui les unit.
En conclusion, je ne peux que t’encourager à continuer et à t’accrocher. Tu as choisi une niche, dans une niche (le BDSM dans la littérature érotique), donc le chemin est d’autant moins facile. Mais tu as toutes les qualités pour y arriver !
Pour suivre l’actualité d’Eva, c’est par ici :
Son site : www.devenirsienne.fr
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Chaki, le matou reporter & Miss Kat