Little Bird : le drôle d’oiseau de la littérature érotique

Posté par sur 14 fév 2017 dans Carrousel, Les textes de Kat | 0 commentaire

Little Bird : le drôle d’oiseau de la littérature érotique

Little Bird : le drôle d’oiseau de la littérature érotique

 

Encore un immense merci à Christel et Maud, les fondatrices de B.Sensory, pour ce superbe cadeau.

En tant qu’auteur, je parle très rarement de sextoy. Je l’ai déjà dit plusieurs fois : il y a des blogs géniaux qui donnent de précieux conseils (Nouveaux Plaisirs, Charlie Liveshow, 69 désirs sont les premiers à me venir à l’esprit).

Néanmoins, je vais faire une exception pour un jouet particulier car directement lié à l’écriture : le Little Bird de B.Sensory.

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Le Little Bird est un œuf vibrant connecté. Toute la magie est dans ce dernier mot : connecté. Il est en effet relié à une application qui propose des textes érotiques. Une bibliothèque entière dédiée au plaisir des utilisatrices ! Car oui, pour l’instant le Little Bird n’est prévu que pour elles.

 En ce jour de Saint Valentin, je demande un peu de patience à la gent masculine : Messieurs, je sais de source sûre qu’un développement est prévu très bientôt pour que vous puissiez jouer avec votre chérie.

Mesdames, je suis sûre que vous avez déjà vécu un de ces moments de lecture où on voudrait que tout soit plus intense, lu des textes érotiques où les doigts ne suffisent plus, tant les images suggérées sont fortes. Le Little Bird vous offre toutes une palette de sensations directement connectées au texte.

Pour vous en parler, j’ai fait comme ma consœur Clarissa Rivière : j’ai écrit un petite histoire…

 

Journaliste stagiaire

 

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Quand je pense que je trouvais cool de faire mon stage à la rubrique sexo d’un grand magazine féminin ! Il ne m’a fallu que deux semaines pour perdre toutes mes illusions : même si tout le monde en parle, écrire sur la sexualité reste tabou. A la cantine, quand je dis dans quelle rubrique je travaille, mes nouveaux collègues me regardent soit avec pitié, soit avec dégoût.

Au 21ème siècle ! Incroyable !

 Même la rédaction est frileuse. A se demander pourquoi ils m’ont recrutée.  J’ai déjà proposé trois idées d’articles toutes refoulées : celui sur les lieux BDSM à Paris, je comprends. Trop sulfureux pour le grand public. Celui sur Fifty Shades of Grey… J’ai essayé d’argumenter : c’est un film, rien de plus ! Mais non. Ce n’est pas sur la ligne éditoriale du magazine. Celui sur la bisexualité masculine… Je ne suis même pas sûre que la rédac chef l’ait lu.

J’avais presque fini par me résigner à passer le reste de mon stage dans mon placard, lorsque ce matin, trois de mes collègues sont venus m’apporter une boîte rectangulaire blanche.

« Qu’est-ce que c’est ?

- Une merveille de la technologie, s’est exclamé l’un d’entre eux en rougissant, avant de s’enfuir de mon bureau presque en courant.

J’ai refermé la porte et suis restée un instant avec la boite dans la main, avant de me décider à l’ouvrir.

Au premier coup d’oeil, je ne comprends rien à ce que je vois. C’est un objet en silicone. Vue sa forme, on dirait… Un spermatozoïde rose framboise tout doux. Cette « nouveauté technologique » est fort sympathique, mais pourquoi mes collègues se sont-ils mis à glousser en me le mettant dans la main ?

Je comprends en lisant la notice d’utilisation : un sextoy connecté.

Très drôle, les gars. Vraiment hilarant de bizuter la stagiaire sexo. 

 Je range la boite sur une étagère et tente d’oublier ma honte… Sans succès. Plus le temps passe, plus je suis attirée par la boite. Furieuse aussi : S’ils voulaient que je fasse un article dessus, pourquoi ne pas me l’avoir demandé simplement ? Que se sont-ils tous imaginés ?

 Que je le testerais, bien sûr… 

Rien que l’idée me fait lever les yeux au ciel : ici ? La petite culotte aux chevilles, les cuisses écartées devant mon ordinateur ? Et puis quoi encore ?

Je mentirais en disant que je n’ai jamais envisagé de me caresser au bureau. A vrai dire, j’y ai même souvent songé. Mon poste consiste à me renseigner sur tous les sujets liés à l’intime. J’ai ainsi découvert un grand nombre d’auteurs de littérature érotique, aux textes puissamment évocateurs.

Trop parfois.… 

 Il vient forcément un moment où une situation décrite ici ou là m’excite plus que les autres. J’ai « la chance » de travailler dans un placard, donc un bureau fermé. Alors oui, j’ai souvent pensé à glisser une main entre mes cuisses. Je ne l’ai jamais fait.

Mais puisque mes collègues ont l’air tellement intéressés, peut-être pourrais-je… Le charger via un des ports usb de mon ordinateur ? Sur le guide fourni avec l’appareil, il est précisé que le jouet se met en marche de cette manière.

Pas très discret, mais cela attisera la curiosité de ces mâles en rut… 

La porte de mon bureau ostensiblement ouverte, je passe le reste de l’après-midi à boire des cafés, juste pour voir leur tête chaque fois qu’ils passent devant mon bureau. Le Little Bird, c’est son nom, a fait son petit effet : Dix se sont arrêtés devant ma porte, trois ont au contraire accéléré le pas. J’aurais pu me contenter de ce petit moment de plaisir, mais le soir, j’ai glissé l’objet dans mon sac. Hors de question de ne pas y goûter, finalement.

Une fois à la maison, je prends le temps d’une longue douche. C’est étrange : j’ai l’impression de me rendre à un rendez-vous avec un nouvel amant. Quand je sors le Little Bird, de sa boite, je suis parfaitement détendue. L’excitation commence à monter, tandis qu’une question tourne dans ma tête : va-t-il me faire jouir ?

Encore enroulée dans ma serviette éponge, je m’installe confortablement sur mon lit. Mon activité professionnelle réduite m’a laissé tout le temps nécessaire pour appréhender le fonctionnement de ce petit oiseau révolutionnaire : je télécharge l’application, connecte mon smartphone en bluetooth et… Il se met à vibrer dans le creux de ma main. Alors, bien sûr, il y a une sorte de télécommande qui permet de varier le niveau d’intensité. Je peux donc « piloter » l’oiseau avec mon téléphone…

Dubitative, je suis.

 L’intérêt du Little Bird est ailleurs. L’oiseau aime la lecture. L’application donne accès à une librairie de textes érotiques, tous connectés avec le jouet. Curieuse, je choisis un livre au hasard. Je connais l’auteur dont j’aime l’écriture. Quoi qu’il arrive, je ne serai pas déçue.

Dès les premières secondes de lecture, j’ai le ventre en feu. Sans réfléchir, je m’empare de l’objet, qui trouve sa place en m’arrachant un premier soupir de plaisir. Curieuse mais agréable sensation. Les sourcils froncés, je me concentre sur le texte. C’est bien écrit, c’est excitant… C’est flou ! Au moment le plus excitant, pile à l’instant où je retiens ma respiration, je découvre que la suite du texte n’est pas lisible. Heureusement, pour continuer à lire, il me suffit de toucher l’écran, ce qui déclenche les vibrations du Little Bird.

Le lendemain, en passant la porte du bureau de ma rédac chef, je suis agitée de sensations contradictoires. Je lui tends ma copie en la regardant droit dans les yeux.  Elle ne prend pas le temps de poser sa tasse de café, mais consent à lire mon article. Je l’ai écrit hier soir, assez tard, après avoir passé un certain temps à dévorer les livres de la bibliothèque virtuelle. Par conscience professionnelle, j’ai testé le jouet plusieurs fois, pour être sûre de trouver les mots adéquats pour rendre les sensations de la plus jolie manière qui soit.

Huit fois ! J’ai joui huit fois ! Wahou !

La rédactrice en chef pose sa tasse et remonte ses lunettes sur son nez. Il n’est pas si long que ça ! Combien de fois l’a-t-elle lu ? A plusieurs reprises, elle fronce les sourcils. Sa respiration s’accélère. Je jurerais même qu’elle se trouble. Enfin, elle pose la feuille sur son bureau :

- On le prend.

 

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