De moi à moi

Posté par sur 26 fév 2013 dans Les humeurs de la Miss | 1 commentaire

Ce matin, via Twitter, j’ai lu cet article sur le blog de Daria Marx. « Hey toi » est une lettre que Daria s’écrit, du haut de ses 31 ans, à la jeune femme qu’elle était à 20 ans.

Elle m’a touchée. Et fait cogiter. Qu’aurais-je à dire aujourd’hui à cette Katia, tellement loin d’imaginer Miss Kat ? Des « vérités générales » et des choses personnelles. Alors, cette « lettre » a t elle sa place ici ? J’ai finalement décidé que oui.

Les passages en gras sont ceux que j’ai conservés du texte de Daria.

chat blancCe que je dirais à la Katia d’il y a 15 ans

Je voudrais me dire que tout va bien se passer. Qu’il faut arrêter d’avoir peur, tout le temps. Arrête de mendier de l’attention. Tu vaux mieux que ça et tu le sais.

Je voudrais que tu réfléchisses à ce que tu as vraiment envie de faire avant de le faire. On t’en voudra si tu dis « non ». Mais tu t’en voudras toujours plus après. Crois-moi.

J’ai envie de te dire, sans rien dévoiler, que tu seras surprise. Toi qui penses avoir connu des amours tellement forts, des désespoirs immenses, tu connaitras une autre fusion bien plus belle que celles que tu crois avoir déjà vécues

Continue tes études. Le lycée, c’est fini. C’est la fac et Paris maintenant. Mais ne te laisse pas émerveiller par la paresse. Certes, rien ne t’oblige à aller à la fac tous les jours. Plus de CPE pour te dire que tu es une ratée qui n’y arrivera pas. Vas-y quand même. Pour toi. Pour faire partie d’un ensemble. Passe tes examens. Dans trois ans, tu ne croiseras pas ce type qui faisait partie de l’amphi le premier jour, en te demandant son nom : Tu sauras comment il s’appelle car vous aurez passé plusieurs années dans les mêmes salles de cours. Et apprends à jouer du piano aussi. Il n’est pas trop tard.

Accepte de rester encore un peu à la maison. Rien ne t’oblige à t’enfuir. Ils ne comprennent pas ce que tu vis, ni qui sont tes nouveaux amis ? Qu’est-ce que ça change ? Ils ne demandent qu’à ce que tu réussisses, maintenant. Et ils sont prêts à y mettre les moyens. C’est vénal, mais au fond, ça ne te gêne pas tant que ça, pas vrai ? Profite. Maintenant. C’est important. Pas pour eux. Pour toi.

Quand Mamie te proposera l’appartement (oh, si, elle te le proposera) ne fais pas la dégoutée : accepte. Ce retour aux sources ne sera pas définitif, je te le promets. Mais tu auras un endroit à toi où te poser. N’aie pas peur de dépenser de l’argent pour en faire ton chez toi. Il faut que tu t’y sentes bien. N’aie pas peur d’être seule.

Ne cherche pas à sauver les gens pour te faire du bien : tu vas trainer des boulets qui n’ont pas fini de profiter de ta crédulité. Il y aura toujours plus malheureux que toi : tu ne vis pas la pire des situations, mais personne ne te demande de culpabiliser pour ça.

Essaye, pour toi plus tard, donc pour moi, de lâcher le passé. Accepte de laisser partir ceux qui s’en vont. Je sais que tu ne veux pas. Mais s’imposer aux autres ne fait qu’attiser leur colère. Et tu ne veux pas qu’on te déteste.

Si tu ne peux pas faire la paix avec maman, pense à toi, mais sans vouloir lui faire de mal. Fais le minimum, mais essaye de sourire. Elle appréciera. Papa restera ce qu’il est : vous êtes pareils, mais pas tout à fait. Tu es toi. Tu fais tes choix. Fais attention à ce qu’ils ne soient pas aberrants juste pour être différents. Prends conseil. Ecoute. Et réfléchis. Papy et mamie finiront par partir. Je sais, c’est inconcevable et tu n’as pas envie de lire ça. Mais ne t’inquiète pas : quand ça arrivera, tu ne seras pas toute seule.

Il y a des gens qui vont changer ta vie, des livres, des films, des soirées, toutes ces choses vont façonner la personne que tu es aujourd’hui. Accepte de changer. Accepte de penser autrement, écoute les autres, ne te ferme pas, ne t’enferme pas.

Apprends à marcher avec des talons et à te maquiller légèrement. Tu n’auras plus l’air d’un canard et tu nous rendras un grand service.

Ne te laisse pas porter par des succès médiocres, ne cherche pas l’approbation des plus sots, frotte toi à plus difficile, accepte d’avoir tort, de te tromper, de ne pas savoir. Essaie d’accepter la critique, juste un peu mieux.

Tout va bien se passer, tu sais. Et même si tout ne se passe aussi pas bien, on y arrivera. Tout ira bien, crois-moi.

 

1 commentaire

  1. Je suis touchée par ce texte, je me suis retrouvée dans ce manque de confiance en moi que j’avais plus jeune également.
    Aujourd’hui, si la confiance est là, c’est plutôt l’immensité des choix qui s’offrent à moi qui peut me déstabiliser. En théorie, je pourrais tout faire, aller où bon me semble, en pratique, ce n’est pas tous les jours facile de savoir ce que l’on veut dans la vie.
    Mais comme tu le conclus si bien, tout ira bien, crois-moi (et surtout, avance !)

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