L’aviateur

Posté par sur 6 fév 2019 dans Les humeurs de la Miss | 1 commentaire

En ce début d’année, Chaki a eu la chance d’interviewer deux talentueuses autrices : Céline Tran pour son livre Ne dis pas que tu aimes ça et Ève de Candaulie qui publie Osez le candaulisme. Vous lirez ses critiques élogieuses dans quelques jours. J’ai également lu plusieurs autres livres dont je vous parlerai bientôt.
Ce soir, je voulais partager autre chose avec ceux qui me liront.

L’aviateur

yak

Il n’était ni le premier ni le plus important, mais il avait compté assez pour que je me réjouisse d’une carte de vœux chaque mois de janvier depuis dix ans. Quand je pensais à lui, les images qui me revenaient étaient plaisantes, parfois troublantes, souvent accompagnées par son rire.
En amour comme en amitié, il était flambeur et gourmand. Il avait besoin de sentir pour vivre. Quinze ans après notre rencontre, j’étais toujours « la petite », celle pour qui il avait aimé jouer les Pygmalion. Je me souviens qu’il adorait voir mes yeux briller lorsqu’il me faisait découvrir quelque chose, au lit comme dans un grand restaurant. D’ailleurs, je suis sûre qu’il comprendrait pourquoi bientôt, je vais traverser Paris pour manger un macaron.
Février commence et je m’étonne : « Où est ma carte ? » Une amie se moque gentiment : « Pygmalion a peut-être pris sa retraite ? »
Si seulement…
Google me laisse un goût amer quand il me propose « décès » après le nom d’une personne qui a partagé mes souvenirs. Ceux qui l’ont pleuré lui ont dit au revoir il y a déjà plusieurs mois. Est-ce mieux ou moins bien de l’avoir découvert par hasard ? Étrange sensation de peine à contre temps, de nostalgie solitaire.
Ce soir, j’ai envie de sourire en regardant les étoiles.
Repose en paix, l’aviateur.

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  1. Juste. émouvant.

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